Vendredi 13 décembre 2019 | Dernière mise à jour 04:44

Sans-papiers «Ils se sentent Suisses et n’ont pas peur de travailler!»

Le PDC genevois Luc Barthassat a porté le combat de l’accès à l’apprentissage des jeunes sans-papiers. Il réagit à la décision du Conseil fédéral qui lui est favorable.

Le PDC genevois Luc Barthassat a fait un intense travail de persuasion pour faire accepter sa motion par les deux chambres fédérales. Aujourd'hui c'est le conseil fédéral qui dit oui!

Le PDC genevois Luc Barthassat a fait un intense travail de persuasion pour faire accepter sa motion par les deux chambres fédérales. Aujourd'hui c'est le conseil fédéral qui dit oui! Image: Jean-Bernard Sieber

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Les jeunes sans-papiers pourront suivre un apprentissage dès l'an prochain en Suisse, s'ils respectent certaines conditions. Contre l'avis des partis de droite et des milieux économiques, le Conseil fédéral a modifié vendredi l'ordonnance idoine dès le 1er février prochain.

Le Matin: - Cette décision est une belle victoire personnelle pour vous, M. Barthassat ?

Luc Barthassat: C’est évidemment une belle victoire, mais elle n’est pas personnelle. Tout de suite, les villes de Genève et Lausanne, entre autres, m’ont soutenu. Et au parlement aussi, j’ai bénéficié de beaucoup de soutiens. Ma position de centriste m’a permis d’aller chercher des voix à gauche comme à droite. Les conseillers aux Etats m’ont beaucoup aidé. Notamment Urs Schwaller de mon parti et Alain Berset, du PS, quand il était encore sénateur. Je suis très fier d’avoir réussi à dégager une solution pour ce problème qui n’est pas que Romand.

Le Matin: - Justement, permettre l’accès à l’apprentissage des jeunes sans-papiers risque de crisper encore la situation et sur le marché du travail et la cohabitation Suisse-étrangers ?

Alors non justement : il faut être clair. A Genève, malgré la situation difficile que nous connaissons, il y a encore 0,7% à 1% des places d’apprentissage qui ne trouvent pas de jeunes. Dans certains cantons, cela monte jusqu’à 20%. Ce sont souvent des places dans les domaines du bois, du bâtiment, du médical. Ces possibilités d’apprentissage ne concurrencent pas les jeunes Suisses qui, eux, se destinent en priorité à d’autres apprentissages, dans les banques par exemple, ou aux études.

Le Matin: - Vous ne craignez donc pas que cette décision soit de nature à envenimer la situation ?

Mon fils de 11 ans m’a dit l’autre jour : si on renvoie tous les étrangers de Suisse, je n’aurai plus de copains. C’est intéressant de se frotter à la réalité. Ces gamins dont nous parlons sont nés en Suisse ou ont passé une grande partie de leur vie en Suisse. Ils se sentent ici chez eux. Et ils n’ont pas peur de se salir les mains et de faire des métiers pénibles mais importants. Je précise que je suis horticulteur ! Pourquoi devrait-on renvoyer des jeunes bien intégrés et en faire venir d’autres qui ne connaissent rien à la Suisse lorsque nous en avons besoin.

Le Matin: - Ce combat pour la régularisation se termine-t-il avec cette décision sur les jeunes sans-papiers ?

Je ne pense pas. Nous devons développer une certaine politique de régularisation. Nous savons que nous avons besoin de main-d’œuvre, de gens bien formés dans certains secteurs de l’économie. Notamment ceux que j’ai cité : le bâtiment, le bois, le médical. Comme cela se fait aux Etats-Unis avec la « Green Card » nous devons permettre de régulariser au cas par cas des gens intégrés et qui participent pleinement à notre économie. Il n’est pas question de régularisation en masse, mais il faut savoir être pragmatique et ouvrir les yeux sur la réalité actuelle.

Créé: 07.12.2012, 14h12

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