Mardi 11 décembre 2018 | Dernière mise à jour 09:25

Suisse «À Genève, le dossier Ramadan est vide»

Des personnalités ont demandé l'ouverture d'une enquête sur la période où l'islamologue enseignait au collège de Saussure à Genève. Impossible, selon la ministre genevoise de l'éducation.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Critiquée pour sa gestion de l'affaire Tariq Ramadan, la ministre genevoise de l'instruction publique a expliqué qu'il était juridiquement impossible d'aller plus loin. Elle pointe les erreurs de la direction du collège de l'époque.

«La direction du collège de Saussure a failli», a déclaré lundi devant les médias Anne Emery-Torracinta. «Il y a dix, vingt ou trente ans, on ne prenait pas avec autant de sérieux ce type d'événements», a-t-elle souligné. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, selon la magistrate.

Sur les quatre témoignages d'anciennes élèves accusant Tariq Tamadan d'abus sexuels, un seul a pu être confirmé. Le DIP connaît l'identité de cette ex-élève qui affirme avoir été sous l'emprise de son ancien professeur. Mais aucune des victimes ne s'est toutefois manifestée, a précisé Mme Emery-Torracinta.

Suite à ces témoignages anonymes relayés dans la presse, le DIP a procédé a un «examen très sérieux de la situation». Mais aucun dossier ne confirme les faits reprochés à l'islamologue qui avait enseigné dans les années 1990 au collège de Saussure. Le dossier de M. Ramadan est vide, a répété la conseillère d'Etat.

Un dossier vide

Impossible dans ces conditions d'ouvrir une enquête administrative, selon Mme Emery-Torracinta, qui rappelle aussi que le délai de prescription est largement dépassé. Une enquête administrative ne peut être ouverte qu'à l'encontre de collaborateurs en poste, ce qui n'est pas le cas de Tariq Ramadan.

Une lettre signée par une quinzaine de personnalités de tous bords, rendue publique dimanche soir par la RTS, critiquait sévèrement la gestion du DIP dans cette affaire. Ces citoyens dénonçaient une «omerta institutionnelle» et réclamaient une enquête administrative.

La socialiste, qui y décèle une attaque électorale, n'accepte pas ces accusations. Elle répondra ultérieurement à cette missive. «Je n'ai rien à cacher», affirme-t-elle.

Une ligne d'écoute

Si le DIP ne peut pas aller plus loin dans l'affaire Ramadan, il peut tout faire pour que cela ne se reproduise pas, a relevé la conseillère d'Etat. Dans le sillage de la libération de la parole fin 2017, le DIP a ainsi lancé un plan d'action en plusieurs axes, dont l'ouverture d'une ligne d'écoute en partenariat avec le centre d'aide aux victimes LAVI.

Depuis sa mise en service en décembre 2017, la ligne «Abus Ecoute - Parler en toute confiance» a reçu une cinquantaine d'appels, dont seize concernaient des situations relevant de la loi sur l'aide aux victimes. Un cas dénonçait un abus sexuel impliquant un enseignant et une élève dans les années 1980.

Bilan d'ici l'été

Sur les seize cas relevant de la LAVI, dix ont débouché sur une proposition de rendez-vous et huit entretiens ont déjà eu lieu. Les personnes ont été orientées vers une consultation juridique, un service de soutien psychologique, vers le DIP ou directement vers la justice. Un bilan final sera tiré d'ici cet été. (ats/nxp)

Créé: 12.03.2018, 17h33

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.