Lundi 17 décembre 2018 | Dernière mise à jour 15:40

ORIGINAL Des graffs pour éviter les tags

Pour combattre les tags, le conseiller administratif et conseiller national PDC genevois Guillaume Barazzone fait décorer les radars par des graffeurs.

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«Un tag appelle un tag. Mais un graff n’appelle pas forcément un tag!» C’est le conseiller national conseiller administratif genevois Guillaume Barazzone qui le dit. Et il sait de quoi il parle en tant que magistrat en charge du Département de l’environnement urbain et de la sécurité.

«En graffant du mobilier urbain, on évite des tags: l’expérience le démontre. Les coffrets SIG étaient régulièrement tagués. Depuis 2014, 105 d’entre eux ont été repeints par des artistes et ne sont plus ou très peu tagués», ajoute le conseiller administratif PDC. «Un tag est toujours une détérioration. Or, un beau graffiti, cela peut être de l’art. Sans compter que les tagueurs respectent le travail des graffeurs. Cela fait partie des codes de la rue.»

Du coup, Guillaume Barazzone a développé une idée originale: faire décorer, par des artistes, les radars à socle. Deux ont déjà été peints par deux artistes graffeurs: Jazi et Serval. Le premier quai Gustave-Ador, du côté du parc des Eaux-Vives, le deuxième rue de Lausanne, vers La Perle du Lac. Deux autres vont suivre la semaine prochaine, route de Malagnou et avenue d’Aïre. Voilà pour les radars situés en ville de Genève. Pour les autres, qui se trouvent sur le territoire d’autres communes, on verra si l’expérience fait des émules!

On ne peut toutefois pas peindre n’importe quoi sur du «mobilier urbain». La police genevoise, propriétaire des radars, a dû approuver les maquettes. «Nous avons été attentifs aux thèmes, aux dessins et au respect de la loi cantonale sur les procédés de réclame qui interdit, par exemple, toute publicité portant atteinte à la sécurité routière», explique Silvain Guillaume-Gentil, porte-parole de la police genevoise.

Partenariat public-privé

Coût de l’opération? Six mille francs, financés par la voirie de la Ville de Genève et un privé: Jean-Marc Guinchard, vice-président du Grand Conseil genevois, juriste et consultant dans le domaine médical. Jean-Marc Guinchard a découvert le street art il y a quatre ans et est devenu amateur. «Il existe de très belles choses dans le domaine, s’enthousiasme-t-il. Je suis heureux de ce partenariat public-privé en faveur de jeunes artistes locaux.»

A Genève, où l’on a déclaré depuis longtemps la guerre aux tags, on se montre donc très ouvert sur le graff. Pour autant bien sûr que «ces graffitis soient réalisés avec l’aval des autorités, sur des surfaces précises particulièrement ternes pouvant égayer la ville», assure Guillaume Barazzone. Le message est entendu. (Le Matin)

Créé: 18.08.2015, 11h25

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