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Portrait Un grand pâtissier français amoureux de la Suisse

Il est Meilleur ouvrier de France. Sa femme est analyste sensorielle. Mr & Mrs Renou ont ouvert leur seconde boutique genevoise, où triangles de douceurs côtoient chocolats affolants.

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Les lieux sentent fort le citron. Un peu comme si mille tartelettes meringuées cuisaient de concert dans un four géant. Les étagères, des triangles design de fer et de bois, regorgent de chocolats de toutes formes, de bonbons, de boîtes qui promettent le meilleur.

À Plan-les-Ouates (GE), surplombant la zone industrielle et ses pontes de l’horlogerie, la deuxième pâtisserie-chocolaterie Mr & Mrs Renou vient d’ouvrir. Le couple est déjà installé à Carouge depuis juin. «On y habite, nos enfants y sont scolarisés», précise Mr Renou. Jeune, charismatique, il porte le liseré bleu, blanc, rouge des Meilleurs ouvriers de France, et on l’imagine aisément faisant partie du jury d’une célèbre émission de cuisine, plutôt que pâtissier à Genève. Portrait d’un pro pour qui simplicité et goût sont les maîtres mots.

La Suisse en Coupe du monde

Originaire d’Angers, dans l’ouest de la France, Christophe Renou finit sa formation de pâtissier en 2002. «Je savais que je voulais travailler le chocolat, et le chocolat, ça veut dire la Suisse.» Il met le cap sur la Romandie, et dépose des CV un peu partout. Lucien Moutarlier, confiseur à Chexbres (VD), se dote alors d’une nouvelle recrue.

«Nous avons gardé des liens très forts, c’est notre famille suisse», sourit le pâtissier. Il représentera le pays lors de la Coupe du monde du chocolat en 2007. Si le titre échappe à l’équipe nationale, Christophe Renou y rencontre un futur ami: Christophe Michalak. En 2009, le pionnier du show TV pâtissier contacte notre désormais Genevois Mr Renou pour intégrer l’école Valrhona, à Tain-l’Hermitage, dans la Drôme.

Dans ce temple de la formation dédié aux pros du chocolat, il officiera comme formateur puis responsable, et fera la connaissance de Vanessa, future Mrs Renou. Elle est analyste sensorielle, soit experte en dégustation. Aujourd’hui, leurs boutiques sont le fruit de leur duo, d’amoureux et d’experts. C’est elle, notamment, qui «choisit comment attirer avec des mots. Quand un gâteau a un nom trop technique, les gens n’ont pas forcément envie de croquer dedans.»

«J’ai bien fait de rentrer au pays», sourit Christophe Renou en pensant à son épouse. La France lui offrira aussi le prestige de son drapeau, que le pâtissier porte sur le col, signe des Meilleurs ouvriers de France (MOF). «J’étais coaché par Yann Brys et Nicolas Boussin, deux MOF pâtissiers, entre 2013 et 2015. On vit beaucoup de hauts et de bas en appréhendant les épreuves. Puis on passe un écrit, une sélection, où l’on réalise plusieurs préparations durant seize heures, et enfin la finale. Elle a duré trente heures, avec comme sujet «Picasso sucré». Je me suis inspiré de sa période cubiste.»

Un gâteau concocté pendant cette finale a inspiré le logo de Mr & Mrs Renou, et leur signature: les parts à assembler comme on le souhaite, pour s’éviter l’enfer de choisir entre tiramisù, citron, caramel et tous les autres goûts.

Après le concours, l’envie de bouger se fait sentir. Madame est aussi originaire de l’ouest de la France, mais la Suisse emportera les faveurs du couple. «C’est Lucien Moutarlier qui m’a dit: «Pourquoi tu ne reviendrais pas?» On a fait la route du lac pour se poser à Carouge, notre coup de cœur.»

Valoriser les producteurs locaux

Le couple a ensuite ouvert une seconde adresse à Plan-les-Ouates. «J’aime avoir l’atelier et la boutique devant, ce côté humain du commerce, valoriser les producteurs locaux. C’est mon grand-père qui me l’a appris.» Le pâtissier met un point d’honneur à proposer des produits du coin, ou alors à la traçabilité transparente. «Nos fruits sont genevois, sauf les abricots qui viennent du Valais, et les citrons qui arrivent de Sicile, mais non traités: on utilise les zestes pour le confit. La farine est labellisée Genève Région Terre Avenir, et la crème vient des Laiteries Réunies, juste en bas du magasin. On utilise le miel de Stéphanie, une apicultrice genevoise, et, comme on ne fait pas le pain, on propose celui d’un boulanger de Jussy.»

Christophe surveille aussi la traçabilité du cacao et des plantations. Avec son épouse, ils ont eu un coup de cœur pour Bali, où ils ont développé un chocolat avec des planteurs qui viennent de s’organiser en corporation. «On connaît la sensibilité des Suisses pour les produits fairtrade et locaux. On réfléchit aux saisons des produits.» (Le Matin)

Créé: 31.03.2018, 10h08

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