Vendredi 20 septembre 2019 | Dernière mise à jour 20:35

Vevey (VD) Greenpeace s'attaque à Nestlé sur les bords du Léman

Les militants de l'ONG manifestent devant le siège vaudois de la multinationale pour dénoncer l'utilisation excessive d'emballages en plastique. Ils ont ramené le «monstre» à la maison...

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Des monstres de plastiques attaquent Nestlé à Vevey

Des monstres de plastiques attaquent Nestlé à Vevey Des militants de Greenpeace ont mené une action sur le siège de la multinationale suisse pour dénoncer l'usage unique du plastique.

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«Il doit y avoir de grosses failles dans la sécurité pour qu'ils soient là-haut...» Cet ancien de chez Nestlé regarde un peu médusé les activistes de Greenpeace qui ont pris possession du toit de la multinationale à Vevey mardi vers 10 h 30. Bientôt, ils vont déployer leur immense banderole comme ils savent le faire à la perfection. Le message est simple: «Nestlé, stop single use», allusion aux emballages plastiques que la multinationale dissémine de par le monde.

Peu avant, une vingtaine d'autres militants ont amené par la route le fameux monstre de plastique que l'ONG a baladé ces derniers temps dans les villes suisses et à Lausanne samedi. Partie des Philippines, arrivée à Rotterdam, puis à Bâle, cette sculpture en déchets, articulée comme un dragon, trouve sa destination finale sur les bords du Léman. Retour à l'expéditeur... Pendant ce temps, un autre groupe d'écologistes met à l'eau des kayaks sur le Léman pour attaquer le siège par le lac.

Parmi les trois plus gros pollueurs

La porte-parole de Greenpeace Suisse, Nathalie Favre, suit les événements avec une certaine appréhension. Les agents de sécurité devant chez Nestlé sont un peu nerveux quand des militants tentent d'apporter des ballots remplis de bouteilles en PET. La section helvétique de l'ONG est chargée de l'opération qui vise le siège mondial: «Quand Greenpeace est à Vevey, c'est souvent pour la même raison», ironise le responsable Florian Kasser. Il dénonce la culture du «tout-jetable de Nestlé, le No1 de l'alimentaire mondial et «parmi les trois plus gros pollueurs de plastique de la planète».

13 % de plus en une année ?

L'ONG remet ce mardi une lettre à Nestlé avec ses revendications: la transparence sur l'empreinte plastique de ses emballages, un objectif clair de réduction à partir du pic d'aujourd'hui et la mise en place de systèmes de distribution alternatifs. «Entre 2017 et 2018, dénonce Florian Kasser, Nestlé a encore augmenté de 13% son empreinte plastique», un chiffre que conteste la multinationale.

«Ils parlent, nous on fait»

Devant le siège de Vevey, la police vaudoise est finalement arrivée avec plusieurs voitures, mais elle n'a pas pour ordre de déloger les activistes. Le porte-parole de Nestlé, Christoph Meier, vient se mêler aux journalistes pour donner un autre éclairage sur la question. Regardant la banderole, il explique: «C'est leur façon de communiquer, nous nous agissons. Ils parlent, nous on fait. A l'interne, nous avons supprimé les plastiques à usage unique et supprimé les pailles. Nous avons aussi changé l'emballage du Nesquik. Il faut du temps...»

Large éventail de solutions

Et puis, il évoque les chiffres, ceux de Nestlé: «Entre 2013 et 2018, la société a eu une croissance de 1% de plastique par année, mais en même temps son chiffre d'affaires a cru de 18,5%. Le pastique est un grand problème. Pour le résoudre il faut un large éventail de solutions. Améliorer les emballages, recycler, réutiliser mais aussi changer le comportement des consommateurs.»

«Il rentre à la maison»

Nathalie Favre demeure sceptique: «Ce sont des paroles... Le recyclage ou le changement d'emballage en papier ou avec du bioplastique sont aussi de fausses bonnes solutions pour beaucoup de raisons». Pendant ce temps, les activistes restent immobiles. Ils attendent de savoir si Nestlé va accepter de garder le «monstre». «Il rentre à la maison, c'est là qu'il doit revenir, chez son géniteur, son créateur», dit Florian Kasser.

Le souvenir de Nelly

L'ancien de chez Nestlé ne manque pas une miette de la scène et finit par admettre: «C'est vrai que l'on a perçu trop tard le problème. Avant, tout était possible. Vous vous rappelez, Nelly Wenger avec ses emballages pour le chocolat... Ces choses-là, Nestlé ne doit plus les faire. C'est d'ailleurs pour ça qu'elle n'est pas restée longtemps.»

Changement d'époque, changement de concepts. La manifestation se déroule finalement dans le calme. Seul bémol, un bateau de la gendarmerie vaudoise se lance à la poursuite d'un zodiac de Greenpeace sur le lac... Le bouquet final.

Créé: 16.04.2019, 13h02

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