Jeudi 4 juin 2020 | Dernière mise à jour 05:46

Hôpitaux La greffe d'organes a souffert du coronavirus

La pandémie a provoqué une baisse des dons et des transplantations, ce qui a fait et va faire des victimes. Un appel à la solidarité est lancé.

Certaines personnes ont refusé une greffe pourtant vitale par peur du coronavirus.

Certaines personnes ont refusé une greffe pourtant vitale par peur du coronavirus. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Mardi 12 mai, tous les principaux programmes de dons et de transplantations d'organes ont pu reprendre dans les hôpitaux. C'est une bonne nouvelle et un gros soulagement car nombre d'entre eux avaient dû être interrompus en raison du coronavirus, ce qui a eu des conséquences fatales pour certains patients en attente d'une greffe et allongé les délais pour beaucoup. En Suisse, 1435 patients attendaient un organe à la fin du premier trimestre 2020. Et on ne compte qu'une centaine de donneurs vivants par an.

Le 17 mars, les programmes de recherche de donneurs et de collectes de reins sur des donneurs vivants ont ainsi été stoppés, explique Franz Immer, directeur de Swisstransplant. Et le 18 mars, cela a été au tour du prélèvement de reins et de pancréas sur les donneurs décédés de s'arrêter. «Pour tout ce qui est des transplantations de cœur, de poumon et de foie, organes prélevés sur des personnes décédées, nous avions développé un modèle de collaboration avec les pays voisins, Italie, Espagne, France et Grande-Bretagne. Nous importons et exportons des organes, en fonction des urgences. Cela nous a aidé, mais le nombre de transplantations a tout de même beaucoup diminué.»

Des décès en hausse

Il y a quelques jours, Franz Immer estimait ainsi dans la «Berner Zeitung» que le nombre de décès chez les personnes en attente d'un cœur ou d'un poumon allait doubler par rapport à la même période l'an dernier. Il y a aussi eu une baisse importante dans les transplantations du foie, environ 30%. «Alors qu'il y a normalement un taux de mortalité de 8 à 10% parmi les patients souffrant d'hépatite en liste d'attente d'une greffe du foie, nous estimons que ce taux pourrait monter à 15 à 20%.»

Dès le début de la pandémie, tous les donneurs d'organes étaient testés et, si le résultat était négatif, la greffe pouvait être effectuée. En revanche, s'il était positif, la greffe n'était faite que si elle sauvait une vie, celle du poumon restant toutefois exclue, le coronavirus l'attaquant principalement. «Quand, le 5 mars, nous avons testé positif un donneur alors qu'on ne s'attendait pas à ce résultat, cela nous a secoués», avoue Franz Immer.

Des receveurs refusent la greffe

Les opérations non urgentes de greffes ont aussi dû s'interrompre pour traiter en priorité les victimes du coronavirus. «Nous avons même eu des cas où les receveurs n'ont pas voulu venir, alors que nous avions un organe à disposition. Certains ont renoncé à se faire greffer un organe vital par peur du coronavirus, c'était inattendu!»

Alors que le nombre de donneurs suivait déjà une tendance à la baisse avant la pandémie, Franz Immer estime que le retard de cinq à six semaines pris dans les programmes de transplantation en raison du coronavirus ne pourra pas être rattrapé. «Nous lançons donc un appel à la solidarité, réfléchissez au don d'organes.» Surtout que, en raison des dommages causés par le coronavirus, des greffes pulmonaires seront peut-être nécessaires chez certains patients atteints par la CoViD-19. Le coronavirus semble en revanche ne pas avoir affecté plus que la moyenne les personnes déjà transplantées. «Nous avons eu trois décès et toutes étaient des personnes qui avaient reçu leur greffe il y a longtemps.»

Aide entre services hospitaliers

Reste que, pour le directeur de Swisstransplant, cette crise aura tout de même eu du positif: «Nous avons découvert une nouvelle forme de collaboration formidable entre les services des soins intensifs et ceux des transplantations. Malgré la surcharge de travail, les premiers ont toujours été prêts à donner un coup de main aux deuxièmes lorsqu'ils le pouvaient, et inversement.»

Michel Pralong

Créé: 14.05.2020, 06h36

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.