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Contre-affaire Gripen contre prisonniers!

La Suède serait prête à aider à désengorger les prisons suisses en louant bon marché ses pénitenciers qui se vident. Les négociations sont liées à l’achat des Gripen.

La ministre suédoise de la Défense, Karin Enström, a rendu visite à Ueli Maurer il y a quinze jours à peine. Rien n’a filtré de la surprenante contre-affaire proposée à la Suisse pour désengorger ses prisons.

La ministre suédoise de la Défense, Karin Enström, a rendu visite à Ueli Maurer il y a quinze jours à peine. Rien n’a filtré de la surprenante contre-affaire proposée à la Suisse pour désengorger ses prisons. Image: Keystone

La prison suédoise de Kristianstad fait partie des quatre établissements qui pourraient être reconvertis dans le tourisme carcéral.

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Voilà une nouvelle qui pourrait enfin redorer l’image catastrophique de la Suède et de ses Gripen auprès des électeurs suisses, qui votent le 18 mai sur l’achat de 22 nouveaux avions de combat. Le pays scandinave, qui ferme des prisons en raison de la baisse de la criminalité et de mesures alternatives, serait sur le point d’offrir ses places vides aux autorités suisses, dont les prisons débordent de partout. Ce deal original est discuté depuis des mois entre les gouvernements des deux pays, selon une source proche du dossier à Berne.

Une offre classée top secret

Alors que la campagne du ministre de la Défense, Ueli Maurer, est plombée bientôt chaque jour par des révélations négatives, l’annonce d’un accord favorable à la Suisse serait le bienvenu. Selon nos informations, le Conseil fédéral devrait avaliser un protocole d’accord demain déjà, lors de sa séance hebdomadaire. Les cantons, responsables de l’application des peines, seraient consultés de manière express.

La Conférence latine des chefs de Département de justice et police va siéger jeudi 3 avril et une source interne confirme que le deal avec la Suède pourrait apparaître à l’ordre du jour. «Nous avons lancé un ballon d’essai en évoquant la possibilité de louer des places de prison chez nos voisins allemands. Mais nous attendions surtout de pouvoir nous saisir de l’offre suédoise, classée top secret jusqu’ici», confie cette même source.

L’offre des Scandinaves est assez simple. A fin 2013, leurs autorités judiciaires ont annoncé la fermeture de quatre premiers pénitenciers, en raison d’une baisse constante des incarcérations (-6% par année depuis 2011). Dans l’immédiat, deux des quatre pénitenciers – ceux de Krisianstad et de Haga (voir carte ci-dessus) – pourraient être loués à «prix d’amis» aux autorités suisses pour une capacité d’environ 200 détenus.

Huit fois moins cher en Suède

Quel serait ce prix amical? Impossible d’obtenir un chiffre précis auprès de nos sources, mais cette «exportation» de prisonniers pourrait revenir jusqu’à huit fois moins cher que de construire de nouvelles places en Suisse. Sans compter que le délai d’attente serait raccourci. Seul impératif: il faut d’abord que le peuple ait voté oui aux 3,126 milliards de francs des Gripen.

Les opposants vont sans doute parler de chantage, les partisans d’opportunité à saisir. Mais, attention, d’autres pays, dont la Norvège, ont déjà évoqué officiellement leur intérêt à louer les prisons suédoises promises à la fermeture.

Créé: 01.04.2014, 07h34

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