Samedi 16 février 2019 | Dernière mise à jour 09:43

Santé Grippe, le pire est devant nous

Déjà installée, la grippe va encore gagner du terrain. Le vaccin est pris à défaut.

Image: Keystone

LE CHIFFRE

31
personnes sur 1000 ont consulté la semaine dernière en soupçonnant une grippe. Soit 5 de plus que la précédente.

254
Après extrapolation, c’est le nombre de personnes qui ont consulté pour une affection grippale pour 100?000 habitants. Actuellement, les bambins de 0 à 4?ans sont les plus touchés.

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La grippe bat son plein, a annoncé mercredi l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Elle est «largement répandue» dans toutes les régions de suisse, soit au sommet de la classification de l’activité grippale. Et ça va encore empirer, en particulier dans les cantons de Genève, Neuchâtel, Vaud et du Valais, où la maladie saisonnière est en phase ascendante.

Dans ce contexte déjà peu réjouissant avec beaucoup d’Helvètes au fond de leur lit, on apprend qu’une souche de la grippe de «type B Victoria» est en plein essor chez nos voisins. Elle est majoritaire en France. Pas dans la plupart des pays européens mais ça risque de changer. Elle «pourrait devenir dominante d’ici à la fin de la saison», écrit le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies.

Et alors? «Le vaccin pourrait avoir une efficacité réduite», selon l’Institut de veille sanitaire français. En France, «la grippe s’installe avec une souche prépondérante absente du vaccin», tranche le Journal international de médecine. Qui précise que l’épidémie est particulièrement forte à nos portes, en Bourgogne - Franche-Comté.

Oui: il existe en fait deux vaccins. L’un, dit quadrivalent, couvre quatre souches dont la B Victoria. L’autre, le trivalent, ne protège pas contre cette souche qui devient dominante. Or «les vaccins utilisés le plus souvent en Suisse sont les vaccins trivalents», précise Catherine Cossy, porte-parole de l’OFSP.

Mais ce B Victoria va-t-il aussi «envahir» la Suisse? «Actuellement c’est en gros 50-50. Une moitié de cette souche B Victoria et une moitié de type H1N1», explique Ana Rita Gonçalves Cabecinhas, biologiste au Centre national de référence de l’influenza à Genève. «Avec ces virus qui peuvent muter rapidement, les prédictions sont difficiles. Mais on s’attend à ce que la souche de type B prenne le dessus en fin d’épidémie, comme c’est souvent le cas.»

Pour le grand public, être frappé par une souche B ou H1N1 n’implique pas énormément de différences. «La souche H1N1 peut engendrer des symptômes plus sévères que les souches B mais ce n’est pas systématique. Sinon la H1N1 peut s’en prendre à des adultes dans la force de l’âge. Tandis que la B sévit plutôt chez les enfants et personnes âgées», note la spécialiste.

Du côté des personnes vaccinées avec un sérum trivalent, par contre, ce n’est pas une bonne nouvelle. «Mais ils ne sont pas complètement non plus à la merci du virus», tempère Ana Rita Gonçalves Cabecinhas. «Ils sont couverts contre une autre souche de type B, dite Phuket, offrant une protection partielle contre la B Victoria.» Catherine Cossy, elle, note que «les données disponibles en Suisse ne permettent pas encore de juger l’efficacité du vaccin.»

Bref: mieux vaut être prêt à sortir ses mouchoirs. En attendant il est toujours utile de rappeler qu’il est recommandé de conserver une distance respectable avec ses semblables et de se laver les mains aussi fréquemment que possible. C’est efficace quel que soit le nom de la souche de grippe en circulation. (Le Matin)

Créé: 12.02.2016, 06h24

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