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Criminalité «La hausse des vols en Suisse est à relativiser»

Les infractions, et notamment les vols ont augmenté en Suisse l'an dernier. Mais les chiffres baissent régulièrement, fait remarquer le criminologue et policier Olivier Guéniat.

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Certaines infractions semblent culminer en Suisse, selon les chiffres du jour de l'Office fédéral de la statistique (OFS). C'est le cas des vols, avec une hausse spectaculaire de 11% enregistrée en 2012.

Olivier Guéniat, criminologue et commandant de la police jurassienne, a une vision différente: «Une augmentation de 11% nous mène à 237'000 cas. On revient donc au niveau que la Suisse connaissait en 2004. Il y a eu des maximas en 1991-1992, en 1997-1998, en 2004 et maintenant.» Et d'observer qu'on «parle toujours de ces chiffres lorsqu'ils augmentent mais pas quand ils baissent.»

Interprétation difficile

«Les statistiques de la criminalité sont difficiles à interpréter», estime le Jurassien. Pour avoir un regard pertinent, selon le criminologue, il faut les examiner sur trente ans: «La Suisse enregistrait par exemple 110 homicides en 1990, ils sont aujourd'hui de 47 par année, soit moins de la moitié. On pourrait extrapoler en disant qu'il y a deux fois moins de risques de se faire tuer en Suisse.»

Olivier Guéniat n'aborde pas les cas particuliers d'un canton à l'autre. «Il est évident que les chiffres genevois ne sont pas comparables à ceux du Jura. On ne peut pas exporter les Pâquis à Delémont ou les nuits lausannoises dans la campagne fribourgeoise».

Une violence réelle

Il se défend aussi de vouloir nier une violence bien réelle ainsi que les souffrances des victimes: «Cela fait 22 ans que je travaille sur le terrain et que je suis confronté à de la violence et du sang et je n'ai toujours aucune accoutumance à ce genre d'événements», dit-il.

Mais on peut faire dire aux chiffres ce qu'on veut: «Quand on parle de 23% de hausse des lésions corporelles graves dans le Jura, dit-il à titre d'exemple, on oublie de dire que cela ne touche que 0,07 pour mille de la population. Quand on parle de 18% des vols par effraction en Suisse, on passe de 1 à 3 ménages touchés sur 1000.»

Passé idéalisé

«La société serait-elle devenue moins endurante à la violence?» se demande le policier. «On parle en tout cas davantage de la criminalité depuis quelques années, notamment dans les médias, alors que dans la société de l'époque on en parlait moins.»

Le profil des auteurs des actes de délinquance a également changé. «Cela paraît plus inacceptable lorsque des braquages sont commis par des banlieusards qui n'ont pas le sens de l'honneur qu'étaient supposés avoir les truands d'autrefois... On a toujours tendance à idéaliser le passé. »

Créé: 25.03.2013, 16h33

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