Dimanche 22 juillet 2018 | Dernière mise à jour 14:09

Visite d'Etat Hollande viendra en Suisse quand tout sera réglé

Les relations franco-suisses dans l'impasse? Loin de là. Des discussions sont planifiées. Mais le président Hollande ne viendra que lorsque la partie sera jouée. En 2014, par exemple, sous la présidence Burkhalter.

France-Suisse: très compliqué!

La dernière visite d’Etat d’un président français remonte à 1998. Le gaulliste Jacques Chirac avait été alors reçu par le PDC Flavio Cotti.

Son prédécesseur, le socialiste François Mitterrand est venu, lui, six fois en Suisse durant son règne. La première fois en 1983 (voir la vidéo ci-dessous), à l’invitation du socialiste neuchâtelois Pierre Aubert, Mitterrand avait rompu une disette de près de trois quarts de siècle. La France ignorait la Suisse depuis 1910.

Au début des années 80, l’ambiance était tendue entre les deux pays: la conclusion d’accords sur la double imposition est dans l’impasse, la fiscalité des frontaliers traîne et la fuite des capitaux de partis vers Genève et Zurich fait les gros titres. Du côté français comme suisse, on qualifie la visite d’historique: elle ouvre ainsi un nouveau cycle de relations entre Berne et Paris.

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«Depuis des semaines, il n’est plus question d’une visite de François Hollande en Suisse! Mais, comme l’avait déjà dit Eveline Widmer-Schlumpf en août dans 24heures et la Tribune de Genève, les services compétents travaillent à fixer une date à Paris au plus vite!»

Du côté des proches du Conseil fédéral, c’est peu dire qu’on a été surpris par l’information de dimanche dernier sur RTS1 qui disait que François Hollande refuserait de venir en Suisse. «C’est une réponse à une question qui ne se pose plus!» ironise un interlocuteur.

Mais tout de même, une visite suisse à Paris pour traiter les différents dossiers conflictuels entre les deux pays aura-t-elle lieu avant Noël? Les services du Département fédéral des finances, dont la cheffe Eveline Widmer-Schlumpf assure également la présidence de la Confédération cette année, ne veulent rien confirmer et s’en tiennent à une communication prudente: «Le dialogue est maintenu avec la France. La date de la rencontre à Paris est en train de se préciser.»

Burkhalter et Fabius en bons termes

Faut-il en déduire que la tension entre Paris et Berne s’est accentuée? Porte-parole du Département des affaires étrangères, Jean-Marc Crevoisier contredit tout en nuances: «Avec la France, nous sommes en train de reconstruire quelque chose. Les différends restent présents, mais le dialogue s’est intensifié. Avec le gouvernement Hollande cela se passe d’ailleurs plutôt mieux qu’avec l’équipe de Sarkozy. Notamment parce que Didier Burkhalter et Laurent Fabius ont un excellent contact», explique Jean-Marc Crevoisier.

Début septembre, le ministre des Affaires étrangères Didier Burkhalter a en effet été reçu longuement par Laurent Fabius à Paris. Et les deux hommes se sont encore revus à New York, fin septembre, dans le cadre de la 67e Assemblée générale des Nations Unies.

Un cocktail, ça réchauffe!

Et comme dans le monde diplomatique, tout est affaire de petits détails, le fait que Didier Burkhalter ait encore été invité durant son séjour par Laurent Fabius à un cocktail à l’ambassade de France à New York s’interprète comme une «tendance au réchauffement», explique un proche des affaires diplomatiques.

Les deux hommes en auraient profité, selon nos informations, pour convenir d’un calendrier de discussions des différents chantiers entre les deux pays. Imposition sur les successions; évasion fiscale des riches tricolores vers la Suisse; non achat du Rafale de Dassault: les sujets ne manquent pas.

La visite d’Etat de François Hollande en Suisse est-elle pour autant possible? Oui, mais pas tout de suite. Car il y a deux moments favorables à ces sarabandes diplomatiques: lorsqu’on lance des négociations ou lorsqu’on les conclut. François Hollande ne peut prendre le risque d’une visite d’Etat en Suisse maintenant: les discussions viennent de redémarrer. Face à la Suisse et son image de place forte bancaire, un président socialiste d’un pays au statut de puissance mondiale est contraint de revenir devant son opinion publique avec un résultat.

Pour le JT français, c'est aussi un événement

Justement, lorsque les différents points de divergence entre France et Suisse auront été aplanis, le moment sera venu pour le président tricolore de venir mettre sa signature au bas des documents. Du côté des services de Didier Burkhalter, c’est le scénario privilégié car le conseiller fédéral neuchâtelois assumera la présidence de la Confédération en 2014.

Si le rendez-vous fini par avoir lieu, ce sera l'occasion de se souvenir de la visite de François Mitterrand en 1983, qui avait marqué les esprits des deux côtés de la frontière, comme en témoigne le JT français de l'époque, à voir ci-dessous en vidéo... (nxp)

Créé: 09.10.2012, 10h42

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