Lundi 21 janvier 2019 | Dernière mise à jour 21:10

Sports d'hiver Le hors-piste épuise la faune

Randonnées à ski, raquettes et freeride mettent en péril la vie animale. La campagne «Respecter, c’est protéger» les enjoint à prendre en compte les zones tranquilles.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Tandis qu’une foule de skieurs-alpinistes se préparent à la Patrouille des Glaciers (17 avril), la faune, elle, continue d’affronter la rude épreuve de l’hiver. Car, si cette période est délicate pour les animaux, le hors-piste et les entraînements nocturnes des skieurs les épuisent. «Dans notre secteur, on constate beaucoup de traces de ski sur des zones de tranquillité, notamment vers la Tête-de-Balme. Ce n’est pas bon pour la faune, dont la mortalité est plus importante que les années précédentes à cause d’un hiver particulièrement rigoureux», déplore Didier Lugon-Moulin, garde-faune de l’arrondissement de Martigny.

Tranquilles ou contraignantes

La campagne «Respecter, c’est protéger», active en Suisse romande depuis 2011, enjoint la population de prendre en compte les réserves fauniques émises par les cantons en collaboration avec l’Office fédéral de l’environnement. Consultable sur le site Respecter-cest-proteger.ch, la carte délimite deux types de réserves: les zones tranquilles recommandées et les zones tranquilles juridiquement contraignantes. Les usagés sont amendables dans le deuxième cas. «Si les zones tranquilles recommandées ne sont pas respectées, elles risqueront à la longue de passer en zones contraignantes», souligne Didier Lugon-Moulin.

Les irruptions inattendues des humains font fuir la faune, ce qui, dans le cas des bouquetins, des chamois, des cerfs et des chevreuils, leur fait griller leurs dernières cartouches. «Ils sont en économie d’énergie l’hiver. La moindre fuite peut leur enlever la force de chercher de la nourriture», détaille Jean-Michel Koeh­ler. Le tétras-lyre et le lièvre variable sont notamment aussi menacés.

Comportement inhabituel

Pour le spécialiste, «c’est le comportement inhabituel des humains qui met la faune en danger. D’autant plus que ces irruptions soudaines peuvent conduire les animaux à se regrouper aux mêmes endroits et à détériorer les forêts», conclut-il.

Sont appelés à réagir: les amateurs de randonnées à ski et de freeride, dont la pratique a progressé de 240% entre 2000 et 2014, et les férus de balades en raquettes, dont l’activité s’est multipliée par deux entre 2008 et 2014 en Suisse. «Les skieurs vont aujourd’hui plus loin car les domaines skiables sont interconnectés. Le matériel plus performant et sécurisé leur donne aussi un excès de confiance», explique Jean-Michel Koehler, accompagnateur de randonnée, responsable de cette campagne pour la Suisse romande. (Le Matin)

Créé: 20.03.2018, 07h09

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.