Samedi 20 avril 2019 | Dernière mise à jour 15:50

Panama Papers L'identité du CICR usurpée pour cacher de l'argent sale

Le nom du Comité international de la Croix-Rouge aurait été utilisé par le cabinet Mossack Fonseca, au coeur du scandale des «Panama Papers», selon la presse dominicale.

«C'est très grave» et cela fait peser des risques «énormes» sur le CICR, a réagi le président de l'ONG Peter Maurer.

«C'est très grave» et cela fait peser des risques «énormes» sur le CICR, a réagi le président de l'ONG Peter Maurer. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le cabinet d'avocats Mossack Fonseca, au coeur du scandale des «Panama Papers», a utilisé l'identité du Comité international de la Croix-Rouge pour cacher de l'argent sale, selon Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung. «C'est très grave» et cela fait peser des risques «énormes» sur l'activité et le personnel de l'ONG, réagit son président Peter Maurer.

«Nous n'avons jamais eu de relation avec Mossack Fonseca et n'avons jamais reçu de l'argent de leur part», indique, «surpris», Peter Maurer, interrogé par les deux quotidiens dominicaux. «Nous ne voulons en aucune manière être impliqués dans des affaires aussi douteuses et ne voulons pas non plus que notre nom y soit associé».

Outre le fait d'enfreindre les règles internes du CICR et celles de la Convention de Genève, la structure panaméenne met en danger les collaborateurs de l'ONG suisse, remarque le responsable. «Si nous nous retrouvons, par exemple, associés à une société offshore appartenant à une faction en guerre, je n'ose imaginer à quoi nous pourrions être mêlés», s'insurge-t-il.

«Le CICR a besoin d'une protection particulière, car nous travaillons dans des zones de guerre et de conflit», souligne Peter Maurer, rappelant que son emblème est respecté car il symbolise la neutralité, l'indépendance et l'intégrité.

Mettre fin à cet abus

Selon les deux quotidiens, qui ont eu accès aux documents de Mossack Fonseca, le cabinet d'avocats panaméen a formé deux entités - Brotherhood Foundation et Faith Foundation - qui ont été proposées à ses clients pour recueillir leurs avoirs. Le CICR a été cité comme bénéficiaire de ces deux «fondations», sans en avoir été informé.

Le nom utilisé par la société panaméenne - «The International Red Cross» - n'est pas tout à fait le même que celui de l'ONG suisse, «mais comme l'adresse est mentionnée, on peut en déduire qu'il s'agit du CICR», note M. Maurer. «Nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre fin à cet abus», a-t-il prévenu.

Cameron joue la transparence

En Grande-Bretagne, c'est un David Cameron sous pression qui a tenté de reprendre la main et de répondre une fois pour toutes aux questions sur son patrimoine personnel. Le Premier ministre a publié dimanche ses déclarations de revenus des six dernières années, une première pour un chef de parti politique britannique.

Mais sa réticence initiale à admettre qu'il avait bénéficié du fonds offshore que possédait son père, aujourd'hui décédé, a été critiquée et a suscité des appels à la démission. Et la transparence sur sa situation fiscale ne suffira peut-être pas pour faire taire ses détracteurs.

Berlin veut les «Panama Papers»

En France, le siège de la Société générale, l'une des plus grandes banques françaises, a été perquisitionné mardi, a indiqué dimanche une source judiciaire, confirmant une information de presse. Le Parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire pour «blanchiment de fraudes fiscales aggravées» le 4 avril, le lendemain des premières révélations des «Panama Papers».

Les autorités allemandes aussi ont entrepris plusieurs enquêtes après ces révélations. Elles souhaitent désormais obtenir de la presse les documents qui montrent comment de grosses fortunes utilisent des sociétés offshore pour dissimuler au fisc une partie de leur patrimoine.

«Si des documents importants étaient transmis aux autorités, cela aiderait à faire avancer la justice», a expliqué le ministre allemand de la Justice, Heiko Maas. Dans une interview au Tagesspiegel, il a ajouté que cela se traduirait aussi par des recettes fiscales supplémentaires.

La FINMA a contacté les banques

Enfin en Suisse, l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) a affirmé avoir entrepris des démarches auprès de plusieurs banques, sans toutefois les nommer. Si les règles n'ont pas été respectées, la FINMA «agira de manière conséquente», a prévenu son chef Thomas Bauer. (ats/nxp)

Créé: 10.04.2016, 18h11

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters