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Tessin Il apprend à la TV que les CFF veulent l'exproprier

L'ex-régie fédérale prévoit de transférer d'ici à 2026 ses ateliers de Bellinzone (TI) à Arbedo-Castione (TI). Un sexagénaire et sa famille risquent de devoir quitter la maison qu'ils habitent depuis vingt ans.

Damiano Vivacqua sait qu'il est quasi impossible de s'opposer à l'expropriation.

Damiano Vivacqua sait qu'il est quasi impossible de s'opposer à l'expropriation. Image: tio.ch/20minuti

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«Je ne me suis pas encore remis du choc», expliquait début juin Damiano Vivacqua, 65 ans, à Tio.ch/20 minuti.

Ce sexagénaire a en effet appris par hasard qu'il risquait de perdre le petit coin de paradis qu'il s'est construit à Arbedo-Castione (TI), au cours des vingt dernières années: deux maisons, un jardin potager, une prairie pour ses chevaux, des poneys, ses deux vaches ou encore vingt moutons. Une petite étable accueille également une quarantaine de poules et des lapins, tandis que deux paons ainsi que deux chiens et trois chats complètent le décor.

Interrogé par «Blick» ce jeudi, il déclare: «Ma femme, ma fille et mes deux petites-filles habitent ici avec moi. Nous sommes désespérés.»

Un centre qui s'étendra sur 150'000 mètres carrés

Il y a quelques jours, la famille regardait la télévision lorsqu'elle a appris que les CFF prévoyaient de transférer d'ici 2026 ses ateliers de Bellinzone (TI) à Arbedo-Castione (TI). Ces derniers devraient s'étendre sur pas moins de 150'000 mètres carrés. Comme l'ex-régie fédérale ne possède qu'une partie du territoire nécessaire, elle compte s'approprier le reste par le biais d'expropriations, explique «Blick». La commune d'Arbedo-Castione a été préférée aux deux concurrentes Giornico et Lodrino, situées dans la Léventine, sur la base de 27 critères d'évaluation, ont indiqué les CFF dans un communiqué publié le 5 juin dernier.

Peu de temps après avoir eu vent des projets annoncés à la télévision, Damiano Vivacqua a reçu une lettre le convoquant lui et sa famille à une séance d'information ce jeudi soir pour discuter de la marche à suivre. «Cette décision a été prise depuis un bureau. Les CFF veulent nous prendre notre ferme. Personne n'est jamais venu nous voir en personne pour nous en parler», s'indigne le sexagénaire. Mais il ne compte pas se laisser faire: «Je vais me battre. Pendant des années, j'ai travaillé dix heures par jour sur des chantiers pour pouvoir me construire ce petit coin de paradis. Ma fille habite juste à côté. Elle élève seule ses enfants. Les petites ont besoin de leur grands-parents et des animaux. Rien que d'imaginer que tout cela sera bientôt détruit nous brise le coeur.»

«Décision évaluée au cours d'un long processus»

Contactée, l'ex-régie fédérale se contente d'indiquer qu'une période de transition aura lieu ces prochains mois. «La décision de principe a été évaluée au cours d'un long processus. Nous allons informer les propriétaires concernés au cours des semaines à venir. Nous prenons bien évidemment très au sérieux les arguments et préoccupations des agriculteurs tessinois.»

Damiano Vivacqua sait qu'il est quasi-impossible de s'opposer à l'expropriation. Il espère par conséquent que les CFF lui trouvent une autre ferme.

Créé: 14.06.2018, 20h42

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