Lundi 17 décembre 2018 | Dernière mise à jour 08:45

Bienne Ils ont jardiné sur des déchets radioactifs

Une ancienne décharge contenant d’importantes quantités de déchets radioactifs, avait été reconvertie en jardins ouvriers pendant cinquante ans.

Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

En novembre 2012, sur le chantier de l’autoroute A5, d’importantes sources de radioactivité ont été découvertes dans une ancienne décharge de la ville de Bienne. Mais ce n’est qu'aujourd'hui, après avoir été confrontés aux informations fournies au «Matin Dimanche» par un whistleblower, que les autorités confirment la situation.

Après plus d’un an de travaux, «120 kilos de déchets radioactifs ont été obtenus après triage, des débits de dose de plusieurs centaines de microsieverts par heure ont pu être mesurés au contact des sources», explique Daniel Dauwalder, porte-parole de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Il s’agit principalement de flacons de peinture au radium, utilisés par l’industrie horlogère pour faire briller les chiffres dans la nuit. En raison de sa dangerosité, cette peinture a été interdite en 1963.

Trois heures au contact d’une telle source suffisent pour recevoir autant de radiations que celles tolérées en un an pour une personne normale. A partir de 1950, deux tiers des 15 hectares de la décharge désaffectée ont progressivement été convertis en quartier d’habitation. Quant au reste du terrain contaminé, il a été recouvert de 30 centimètres de terre fraîche, avant d’être investi par la population, qui y a installé une soixantaine de petits jardins ouvriers, jusqu’à l’ouverture du chantier de l’A5, en 2007-2008.

Selon l’OFSP, la probabilité que cela constitue une menace pour la population ou l’environnement est toutefois jugée «faible». Des mesures pour évaluer la contamination au radium dans les parties construites de l’ancienne décharge sont toutefois en cours d’élaboration. Une série de prélèvements et de mesures des eaux d’infiltration et des eaux souterraines est également programmée. Mais personne n’a su expliquer clairement pourquoi, après dix-huit mois, la population et les anciens propriétaires de jardins n’ont toujours pas été informés. Le canton explique que c’était à l’OFSP d’informer; l’OFSP dit que cette responsabilité incombait à la commune; et la commune renvoie au canton.

Le Pr François Bochud, directeur de l’Institut de radiophysique du CHUV et président de la Commission fédérale de protection contre les radiations et de surveillance de la radioactivité (CPR) n’a pas non plus été tenu au courant de la situation à Bienne. Ne pas informer les habitants et les anciens occupants du jardin ouvrier était une erreur selon lui, car «tout finit par nous rattraper et il est beaucoup plus difficile de rester crédible et de récupérer la confiance de la population».

Pour en savoir plus, consultez la nouvelle application Le Matin Dimanche sur iPad ou notre E-Paper pour une lecture sur votre ordinateur personnel.

(Le Matin)

Créé: 31.05.2014, 22h59

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.