Lundi 17 juin 2019 | Dernière mise à jour 09:12

Berne Ils sont venus avec des pots de miel et pas des pots-de-vin!

Forte de 18 000 passionnés, la faîtière apisuisse a investi mercredi le Palais fédéral pour régaler les parlementaires. Mais aussi pour espérer plus de reconnaissance dans leur activité essentielle pour la nature.

La reine au milieu des abeilles... La présidente d'apisuisse, Sonia Burri-Schmassmann, pose avec ses collègues au Palais fédéral. A sa gauche, Max Huber, secrétaire de la Société romande d'apiculture.

La reine au milieu des abeilles... La présidente d'apisuisse, Sonia Burri-Schmassmann, pose avec ses collègues au Palais fédéral. A sa gauche, Max Huber, secrétaire de la Société romande d'apiculture. Image: le matin

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«On s'inquiète toujours de savoir comment vont les abeilles, mais rarement de savoir comment vont les apiculteurs...» Pour la Jurassienne Sonia Burri-Schmassmann, présidente d'apisuisse, faîtière des apiculteurs, la passion des Suisses pour les abeilles est cependant intacte: «Il y a eu une baisse d'intérêt quand l'apiculture n'a plus été prise en compte pour les paiements directs. Mais aujourd'hui nous comptons 18 000 apiculteurs dans le pays, soit 165 000 colonies, ou encore 4 ruches par km2».

Quatrièmes animaux de rente en Suisse

L'apiculture reste cependant une activité de hobby pour 95 % des propriétaires de ruches. Cette perception d'amateurisme gène la présidente, mais elle ne demande pas pour autant un retour aux paiements directs: «Nous demandons plus d'aide pour la recherche et la formation. Après les vaches, les cochons et les poulets, les abeilles sont à la quatrième place des animaux de rente en Suisse. C'est un pollinisateur indispensable dans tous les échelons de la chaîne alimentaire. Le travail de l'apiculteur mérite une plus grande reconnaissance.»

Menace sur les abeilles sauvages

Une dizaine de membres d'apisuisse sont venus mercredi au Palais pour faire déguster leur miel venant de différentes régions de Suisse et prendre contact avec les parlementaires. Il existe un «Groupe abeille» au Parlement coprésidé par Bernhard Guhl (PBD/AR) et Mathias Reynard (PS/VS). Cette opération de charme visait aussi à attirer l'attention sur l'avenir des abeilles sauvages. Spécialiste de la question, le Genevois Max Huber, secrétaire de la société romande d'apiculture, estime que la situation est très préoccupante: «Chez les abeilles en Suisse, il n'y a qu'une seule espèce qui donne du miel et 614 espèces sauvages. Une bonne partie d'entre elles sont menacées de disparition.»

Les pesticides en débat

L'exploitation agricole est souvent montrée du doigt à Berne. La question des pesticides contenant des néonicotinoïdes a mobilisé de nombreux débats. La France les a interdits en 2018, mais la Suisse non. Le 19 juin, le Conseil national débattra de deux initiatives plus générales visant à limiter ou interdire l'utilisation de pesticides. Les apiculteurs ne sont pas unanimes sur cette question, partagés entre les besoins de l'agriculture et la sauvegarde des abeilles. Mais pour le médecin et conseiller national Pierre-Alain Fridez (PS/JU), fils d'apiculteur, il ne fait de doute que l'impact des pesticides est «destructeur» pour les ruchers de ce pays. (Le Matin)

Créé: 05.06.2019, 17h55

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