Lundi 21 octobre 2019 | Dernière mise à jour 05:25

Extrémisme «Cet imam nous fait peur»

Des musulmans dénoncent le prédicateur qui dénigre les mécréants occidentaux dans une mosquée biennoise.

Entré en Suisse en 1998, Abu Ramadan a obtenu un statut de réfugié trois ans plus tard.

Entré en Suisse en 1998, Abu Ramadan a obtenu un statut de réfugié trois ans plus tard. Image: DR

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«Ce sont des appels à la violence», résume un habitué de la mosquée Ar-Rahman de Bienne, en parlant des prêches de l’«imam haineux», le qualificatif utilisé dans l’enquête conjointe du Tages-Anzeiger et de l’émission «Rundschau», de SRF, diffusée hier soir. On parle d’Abu Ramadan, 64 ans, réfugié libyen qui a touché en treize ans 600 000 francs d’aide sociale, et prédicateur d’une mosquée dont l’accès est refusé aux médias.

Selon le reportage de «Rund­schau», Abu Ramadan appelle à la destruction des ennemis de l’islam. «Le Matin» a retrouvé des musulmans qui ont écouté ses sermons en arabe. «Il appartient à ceux qui applaudissent l’attentat de Barcelone», assure Salah*.

Ce qui effraie les musulmans, c’est que, à côté des anciens, la majorité des fidèles sont maintenant de jeunes clandestins sans papiers ni travail, faciles à endoctriner. «C’est là qu’intervient Abu Ramadan: à la fin de son sermon, il propose un soutien en échange de cinq prières.» Le début, peut-être, d’un engrenage qui mène à un voyage prétendument humanitaire en Syrie.

«Pourquoi la police n’intervient-elle pas dans la mosquée, ne serait-ce que pour contrôler les sans-papiers? Cet imam nous fait peur. On craint le pire: un attentat chez nous», déclare Salah. Directeur de l’Action sociale, l’UDC local Beat Feurer est plus serein. «Il ne prêche qu’occasionnellement», dit-il.

«Cet imam est au service de la communauté, toujours prêt à régler un différend», soutient une musulmane pourtant chargée de déradicaliser les jeunes. «Je n’ai rien trouvé de mal dans ses sermons», affirme-t-elle.

Ce qui choque Beat Feurer, par contre, c’est que ce réfugié mord la main qui le nourrit. La cerise sur le gâteau est le cinq-étoiles que l’homme a fréquenté en Arabie saoudite. Son séjour peut avoir été défrayé par une agence de voyages utilisant des guides à La Mecque, mais, dans ce cas, cette prestation aurait dû être annoncée pour être déduite des prestations sociales.

Des mosquées labelisées?

«Nous ne pouvons pas biffer une aide sociale à un réfugié, même si nous condamnons ses propos», déclare Roland Lutz, responsable de l’aide sociale à Nidau, commune voisine. Entré en Suisse en 1998, Abu Ramadan a obtenu un statut de réfugié trois ans plus tard. Au bénéfice d’un permis C, il est à l’AVS.

Le 3 août, le Secrétariat d’État aux migrations a décidé de «révoquer l’asile et de retirer la qualité de réfugié» au «prétendu imam», indiquait hier la Direction cantonale de la police. Motif: «Il s’est rendu plusieurs fois dans son pays d’origine et serait en possession d’un passeport libyen.» Conséquence: «Le canton de Berne examinera les mesures qui s’imposent»…

Dans son quartier qui longe une semi-autoroute, Abu Ramadan est mieux connu sous le nom de Mustafa. Mais il n’a pas que des amis. «Il n’avait qu’à travailler comme on le fait tous!» assène son ancien voisin immigré. Le manque d’intégration de l’imam se reflète dans son français rudimentaire et son suisse allemand inexistant.

Le député Mohamed Hamdaoui proposera d’attribuer un label aux mosquées fréquentables: «Celles dont les finances seront transparentes et dont les imams se conformeront à l’État de droit.»

* prénoms d'emprunt

Créé: 24.08.2017, 15h13


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