Lundi 24 juin 2019 | Dernière mise à jour 17:07

Bienne Immeuble de la honte: «je ne croyais pas ça possible en Suisse»

Une locataire a vécu le pire dans un immeuble locatif voué à la démolition à Bienne. Même après son départ.

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Le propriétaire de l'«immeuble de la honte» a de la suite dans les idées, à Bienne. Propriétaire de 20 appartements loués 1 000 francs, Daniel Tomek s'est opposé à l'expropriation des numéros 14 et 16 de la rue d'Aarberg, là où devrait se construire un campus pour 2 000 étudiants et 650 enseignants.

L'hiver dernier, les locataires ont été privés de chauffage. Celui d'appoint a inversé l'inconfort: la température est passée de 10° à 34°, avec des vannes bloquées et un chauffage au sol. Cette semaine, il fait trop chaud dans cet immeuble, comme «Le Matin» l'a constaté lundi.

Pas informés

Les locataires n'ont pas été informés, mais le rachat de l'immeuble de deux fois dix appartements répartis sur cinq étages figure dans le périmètre du futur campus technique a été accepté en votation populaire.

«Le peuple a accordé les crédits en septembre 2017 pour l'achat de ces immeubles qui seront démolis afin de construire le campus», a souligné la conseillère municipale Silvia Steidle, directrice des finances.

Rap sur Youtube

En dépit de fouilles archéologiques qui l'ont retardé, le chantier du Campus Biel/Bienne avance inexorablement en direction de l'immeuble de la rue d'Aarberg. Un chantier qui a inspiré à Sirelda Garcia un rap publié sur Youtube: «J'vis dans un HLM».

«L'eau chaude coule un jour sur deux», témoigne la locataire qui cherche désespérément à déménager. Dans un immeuble où l'ascenseur tombe en panne et où un store défectueux n'est pas réparé, personne n'a été indemnisé.

Courrier recommandé

Au contraire: la famille qui n'a versé pendant trois mois que 800 francs au lieu des 1 000 francs prévus contractuellement s'est faite remettre à l'ordre la semaine dernière par un courrier recommandé.

Quand tous les autres ont joué le feu, le profit a conduit le propriétaire soleurois à s'opposer à l'expropriation. La valeur officielle de son immeuble est de 1 456 000 francs, avec une hypothèque de 1 967 000 francs.

Campus Biel/Bienne

L'obstruction de ce propriétaire contrarie la construction du Campus Biel/Bienne de la Haute école spécialisée bernoise. Dans une cage d'escalier, un avis du 30 janvier 2018 informe les locataires que la gérance de l'immeuble a été transmise de Tomek Immobilien SA à Felsenberg AG, à Oberwil (BL).

Dans chacun des deux immeubles, quatre appartements sur dix sont occupés. Sur Immoscout, un 3½ pièces est actuellement proposé à 1 050 francs, un 4½ pièces aussi à 1 150 francs, comme si de rien n'était.

Tribunal administratif

En dépit d'une défaite devant le Tribunal administratif bernois, le propriétaire soleurois s'entête jusqu'au Tribunal fédéral. La commune pourra-t-elle acquérir son immeuble pour le démolir? Dans l'attente du verdict, le propriétaire encaisse des locations et fait monter les enchères.

Au cinquième étage du No 14, Nicole Aquiloz est allée voir ailleurs. Cette retraitée vivait là depuis depuis 1955 dans un 3 pièces à 1'173 francs. Un déménagement, c'est ce que souhaitent la plupart des locataires.

Un jour avant

Quand Sirelda Garcia a pu signer un contrat de bail après moult échecs, elle a envoyé sa dédite un jour avant l'échéance du 30 avril. L'avocat bernois Oliver Köhli vient de la rappeler à l'ordre, en exigeant un versement du loyer jusqu'au 31 juillet.

«S'enrichir sur le dos des démunis; bravo!», s'exclame l'assistée sociale.

Émanations toxiques

«J'exigerai en contrepartie des 3 000 francs de loyer réclamés un dédommagement de 3 000 francs pour les inconvénients subis: quatre mois sans chauffage ni eau chaude, puis un chauffage d'appoint au mazout aux émanations toxiques», peste Sirelda Carcia.

«Autant d'inconfort, pour mille francs de loyer, je ne croyais pas ça possible en Suisse», reprend Sirelda Carcia. Son bonheur, aujourd'hui, c'est un cerisier en fleur à hauteur de fenêtre dans un 2 1/2 pièces à 950 francs. Loyer versé directement par les oeuvres sociales, comme auparavant au No 14 de la rue d'Aarberg, soit 650 francs pour le logement et le solde prélevé sur la prestation du ménage. (Le Matin)

Créé: 21.05.2019, 06h39


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