Lundi 23 septembre 2019 | Dernière mise à jour 08:25

Suisse L'initiative pour le don d'organes peine à séduire

Lancé en octobre dernier par un collectif romand, le texte qui veut modifier la loi pour que le consentement soit présumé a recueilli moins de 16'000 signatures.

La Suisse est à la traîne dans le don d'organes. Elle compte 14,2 donneurs décédés par million d'habitants par an. soit 2x moins que la France, l'Autriche ou l'Italie qui pratiquent déjà le consentement présumé.

La Suisse est à la traîne dans le don d'organes. Elle compte 14,2 donneurs décédés par million d'habitants par an. soit 2x moins que la France, l'Autriche ou l'Italie qui pratiquent déjà le consentement présumé. Image: Keystone

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On s'en souvient: une organisation de jeunes citoyens, la Jeune Chambre Internationale (JCI) de la Riviera, a lancé en octobre dernier une initiative populaire pour faciliter le don d'organes. Les initiants, soutenus par Swisstransplant, veulent modifier la loi pour que le consentement soit présumé. Mais leur texte peine à séduire: six mois après le début de la récolte de signatures, ils n'ont recueilli que 15'857 paraphes.

Un chiffre relevé par le Blick lundi et que l'on peut voir en direct sur le compteur qui figure sur le site de Swisstransplant, qui soutient l'initiative. Mais rien n'est perdu, puisque la JCI a jusqu'au 17 avril 2019 pour récolter les 100'000 signatures nécessaires.

Actuellement en Suisse, une personne qui souhaite donner ses organes doit le faire savoir proactivement. Avec l'initiative populaire «Sauver des vies en favorisant le don d'organes», les initiants souhaitent renverser la situation et inscrire le consentement présumé dans la loi. Concrètement, les personnes qui s'opposent à un don d'organes devront faire part de leur refus en s'inscrivant dans un registre national.

Manque de réseau

Pourquoi si peu de signatures? Le sujet n'intéresse-t-il pas? Franz Immer, directeur de Swisstransplant, affirme au contraire avoir eu des échos très positifs de la population, notamment chez les jeunes. Il met plutôt en cause l'absence de réseau:« il n'y a pas de grand parti avec des milliers de membres derrière cette initiative, juste un petit groupe d'entrepreneurs qui consacrent leur temps libre à ce texte et qui ont été peut-être un peu naïfs jusqu'ici.»

Mais cela pourrait changer. En effet, Swisstransplant va se lancer dans la bataille en faisant jouer son propre réseau. Du coup, l'organisation faîtière médicale FMH soutient désormais l'initiative. Et les pharmaciens pourraient suivre. En outre, des hôpitaux soutiennent aussi le texte, à l'image de l'hôpital cantonal des Grisons. Enfin, plusieurs journées nationales de récoltes de signatures sont prévues. La première aura lieu samedi 28 avril avec une vingtaine de stands dans toute la Suisse.

Une chose est sûre: le lancement de l'initiative aura au moins eu un effet plus que positif: plus de 10'000 personnes ont depuis commandé une carte de donneur d'organes.

Créé: 23.04.2018, 14h49

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