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Votations fédérales Pourquoi l'initiative sur la fumée s'est écrasée

Pour la première fois, les partisans de la lutte contre le tabac essuient une sévère défaite. Il y a plusieurs raisons à cela dont une est la résistance à l'hygiène de vie imposée par l'Etat.

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Les Suisses ont réduit en cendres l'initiative de la Ligue pulmonaire contre la fumée passive.


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Réduite en cendres. L'initiative contre la fumée passive n'a pas fait un tabac, au contraire. Elle s'écrase dans la majorité des cantons et obtient des faibles résultats dans des régions où elle aurait dû faire un carton.

A Genève, par exemple l''interdiction cantonale de la fumée dans tous les lieux publics (cafés, restaurants, hôpitaux, écoles, musées, etc.) avait été acceptée par 81% des voix en 2009. Aujourd'hui, l'initiative fédérale dépasse à peine les 51%. A Fribourg ou en Valais, où la fumée est bannie des restaurants, les votants ont dit sèchement non à plus de 70%.

Pourquoi les Suisses ont-ils laissé froidement tomber les partisans de la lutte contre la fumée? Il faudra attendre les analyses Vox de ces prochaines semaines pour en avoir une idée précise. Mais d'ores et déjà, on peut dire que trois facteurs ont été déterminants:

Grands cantons déjà protégés

L'initiative fédérale ne changeait pas grand chose pour les trois quart de la population suisse. Dans les grands centres urbains, la fumée est déjà interdite dans les restaurants. En Suisse romande, seul le Jura était touché. La majorité des Suisses n'a donc pas voulu forcer les petits cantons réfractaires à s'aligner sur leur législation restrictive. En gros, si les Jurassiens veulent s'enfumer dans leur bistrots, c'est leur problème.

Mauvais timing fédéral

La nouvelle loi fédérale contre la fumée est entrée en vigueur depuis deux ans. Elle a fait l'objet d'intenses batailles politiques et les Suisses n'ont pas voulu rouvrir les plaies. Ils se sont dit que la lutte contre le tabagisme a suffisamment progressé et qu'il serait prématuré de remettre une couche d'interdiction. L'argument du conseiller fédéral Berset: «Regardez le chemin parcouru en 10 ans! On ne fume plus dans les lieux publics ou dans les transports en commun», a manifestement porté.

Liberté individuelle et résistance à l'hygiénisme

L'ampleur du rejet de l'initiative témoigne aussi d'un ras-le-bol. Une exaspération contre les interventions étatiques trop nombreuses à l'encontre de la liberté individuelle. Les attaques contre «l'hygiénisme social» ont fait florès. Les gens redoutent qu'on leur dicte à l'avenir de plus en plus leur comportement au nom de la santé publique: pas d'alcool, pas de fumée, pas de graisse, pas de sucre, etc. Les gens estiment que le corset sanitaire devient trop serré.

Créé: 23.09.2012, 14h38

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