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Voile intégral L'interdiction de la burqa pourrait se propager en Suisse

Les citoyens tessinois (65,3%) ont voté en faveur d’une initiative interdisant le voile intégral dans l'espace public. Son succès laisse présager une vague d'initiatives dans les cantons.

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Giorgio Ghiringhelli avait le sourire dimanche 22 septembre après le succès de son initiative contre les visages dissimulés dans les lieux publics. Son texte a même été préféré au contre-projet du gouvernement tessinois.

Le triomphe de l'ancien journaliste de 61 ans n'est toutefois pas encore complet puisque le parlement fédéral doit encore donner sa garantie à la modification de la Constitution tessinoise que l'initiative entraîne.

Opposition au niveau fédéral

Le succès dans les urnes donne des idées à certains membres de l'Union Démocratique du Centre (UDC) et au Comité d'Egerkingen qui avait déposé en juillet 2008 l'initiative contre la construction de minarets. Le conseiller national UDC Lukas Reimann se dit convaincu dans 20 Minuten qu'une interdiction du voile intégral aurait de fortes chances en Suisse.

Toutefois, une commission du Conseil des Etats s'était déjà prononcée contre l'interdiction de la burqa en janvier 2011. En septembre 2012, les deux chambres avaient également exprimé leur opposition mais le Conseil national avait alors préféré laisser les cantons prendre ou non des mesures.

Plus de succès dans les cantons

Nenad Stojanovic, membre de la Commission fédérale contre la racisme et député socialiste dans le Canton du Tessin, n'exclut pas de voir les initiatives fleurir dans les cantons. «Ce genre d'exigence se répand extrêmement vite», explique-t-il dans le Tages Anzeiger. «Et l'expérience montre que les textes couronnés de succès sont vite repris dans d'autres cantons.»

Il ne pense toutefois pas que les chambres s'y opposeraient, comme elles l'avaient fait lorsque le parlement argovien avait accepté une initiative cantonale demandant à la Confédération d'interdire la burqa et toute forme de dissimulation du visage dans les espaces publics. Parallèlement, le succès au Tessin pourrait renforcer la détermination de milieux à Saint-Gall et en Thurgovie qui veulent interdire le voile à l'école.

Nenad Stojanovic estime également que le texte voté au Tessin pourrait enfreindre des conventions internationales en raison de son caractère discriminant. Toutefois, la Cour européenne des Droits de l'Homme à Strasbourg ne s'est toujours pas prononcée contre l'interdiction promulguée en France.

Plus facile à dire qu'à faire

Se pose dorénavant la question des sanctions. Dans son contre-projet, le gouvernement tessinois proposait des amendes jusqu'à 10'000 francs. A titre de comparaison, la France, qui interdit le port du voile intégral en public depuis 2011, n'inflige que 150 euros d'amende, soit 185 francs.

L'application d'une loi antiburqua ne sera pas plus aisée pour les forces de l'ordre, comme le montre l'exemple en France. «Dans ce cas bien précis, la plupart des femmes concernées sont de riches touristes des pays du Golfe. Que va faire le gouvernement? Envoyer la police dans les hôtels pour ‹libérer› ces femmes ou leur infliger une amende?» interroge Nenad Stojanovic.

Les milieux touristiques au Tessin n'ont pas voulu prendre position avant la votation du 22 septembre. Quant à l'office cantonal du tourisme, il a déclaré que l'initiative ne posait pas de problèmes car le canton comptait peu de touristes complètement voilées. (nxp)

Créé: 23.09.2013, 13h11

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