Samedi 11 juillet 2020 | Dernière mise à jour 03:56

Editorial L'interdiction de rassemblement n'est plus tenable

Bafouée à plusieurs reprises, l'interdiction des groupes de plus de 5 personnes a vécu. Le Conseil fédéral va-t-il passer à 20, 50 ou 100? C'est heure de vérité, tandis que le doute grandit.

La réponse du professeur genevois Didier Pittet à ceux qui demandent d'aller plus vite: «Essayons de ne pas tout gâcher!»

La réponse du professeur genevois Didier Pittet à ceux qui demandent d'aller plus vite: «Essayons de ne pas tout gâcher!» Image: Keystone

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On croyait les Suisses disciplinés, finalement ils ne le sont pas tant que ça. Bafouée par les cyclistes genevois ou les footballeurs lausannois, l'interdiction des rassemblements de plus de 5 personnes n'est plus tenable. Durant ce long week-end de l'Ascension, chacun aura pu constater que de petites foules se sont rassemblées couramment dans les lieux de villégiature ou les jardins familiaux. La règle introduite le 16 mars dernier a perdu de sa légitimité, au moment où l'on annonce une poignée de nouveaux cas par jour.

Pas n'importe comment

Mercredi prochain, le Conseil fédéral devrait l'assouplir cette règle, mais jusqu'à quel point: 20, 50, 100 ou 200 personnes? L'infectiologue des HUG, Didier Pittet, était l'invité dimanche soir de l'émission «Forum» sur la «RTS». Il estime que l'on pourrait monter la limite à 100 personnes, mais pas n'importe comment: «Si vous prenez 100 personnes dans 100 m2 ou 100 personnes dans 500 m2, cela fait une énorme différence.»

«Ne pas tout gâcher»

Le Genevois a évoqué une épidémie «absolument calmée» en Suisse. Et d'ajouter: «On vit la période la plus simple, puisqu'il y a très peu de virus en circulation». Pour lui, il n'y a pas de doute, c'est la discipline collective qui a permis d'arriver à ce résultat: «Essayons de ne pas tout gâcher!», plaide-t-il.

Mauvais humeur croissante

On devrait alors passer plutôt à 20 personnes, voire 50, plutôt que 100... Mais cela ne diminuera en rien la mauvaise humeur qui va croissant dans une partie de la population. On peut le constater: les provocations sont de plus en plus nombreuses. Didier Pittet, c'est la voix officielle. En face, celle des«coronasceptiques» se fait pressante, nourrie par une multitude affolante de visions complotistes. Pour certains, il faudrait même lever toutes les mesures immédiatement!

Seulement 0,02% de décès

Un petit tableau rouge qui fait le bilan de l'épidémie en Suisse circule sur les réseaux sociaux: «Une population de 8,460 millions d’habitants, un bilan de 1614 morts, soit 0,02%. Le «vilain» virus a tout de même épargné 99,98% de la population.» Message simple et efficace. Mais cette ironie cache évidemment une vision tronquée.

Patience...

On a décompté à ce jour plus de 30 700 personnes infectées dans le pays. Personne ne sait quelle ampleur aurait pris l'épidémie si nous n'avions rien fait. Dorénavant, il s'agit donc de rester vigilant concernant les nouveaux cas. Une chose semble pourtant acquise: en procédant par étapes, on ne devrait, en principe, ne plus jamais revenir en arrière. En tout cas jamais à un semi-confinement tel que nous l'avons connu durant deux mois. Un peu de patience donc...

Eric Felley

Créé: 25.05.2020, 09h36

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