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Avortement IVG non remboursée: les initiants lancent leur campagne

En lançant mercredi leur campagne, les partisans du non-remboursement des IVG par l'assurance maladie ont assuré ne pas remettre en cause l'avortement.

Image: ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION/Keystone

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La votation du 9 février porte sur le non-remboursement des IVG par l'assurance maladie, ni plus, ni moins, jurent les partisans de l'initiative soumise au verdict du peuple. En lançant mercredi leur campagne, ils ont assuré ne pas remettre en cause l'avortement.

Leur matériel de propagande n'en associe pas moins l'interruption volontaire de grossesse (IVG) à un meurtre et promet que, si l'avortement n'était plus prise en charge, on pourrait sauver la vie d'au moins 1000 enfants chaque année. Pour Valérie Kasteler-Budde, du PEV genevois, il s'agit avant tout d'un problème éthique.

Lorsque le peuple a plébiscité en 2002 le régime dit du délai, beaucoup ne savaient pas qu'on allait ensuite financer les IVG via l'assurance maladie. Or cette dernière doit servir à soigner et à sauver des vies pas à autre chose, estime l'ancienne conseillère nationale Elvira Bader (PDC/SO).

«Je ne veux pas être forcée de cofinancer les avortements des autres», a-t-elle souligné, tout en affirmant que la prise en charge actuelle est une incitation à interrompre des grossesses et que les IVG sont considérées par certains comme un moyen de contraception.

Economies

L'autre argument principal que les initiants mettent en avant sont les économies qui pourront être réalisées dans l'assurance maladie. Même si le Conseil fédéral ne les chiffre qu'à 8 millions sur quelque 26 milliards de francs, le comité ne se laisse pas démonter.

Il y a deux ans, on parlait encore de 20 millions par an. Et ces estimations ne prennent pas en compte tous les coûts indirects liés aux avortements (dépressions, prises de médicaments, addiction à l'alcool et aux drogues), a affirmé le conseiller aux Etats Peter Föhn (UDC/SZ).

Rares exceptions

Et d'espérer que le débat se concentre sur le texte de l'initiative. Celle-ci réclame que l'interruption de grossesse et la réduction embryonnaire ne soient plus couvertes par l'assurance de base, sous réserve de rares exceptions concernant la mère. En principe si la vie de cette dernière est en danger ou si elle a été violée, a précisé le Schwyzois.

Il a avant tout consacré son intervention à dénoncer les opposants accusés de mentir à tout va. «Non, il n'est pas question de la solution des délais ni de la question de savoir si un avortement doit être pénalement réprimé ou pas !»

Pas de risques

Le sénateur UDC s'en est aussi pris à ceux qui affirment qu'en cas d'acceptation de l'initiative, de nombreuses femmes iraient avorter dans l'illégalité. Mais pourquoi une femme risquerait-t-elle sa santé chez une faiseuse d'anges pour quelques centaines de francs au lieu de se rendre à l'hôpital, s'est-il interrogé.

Le Schwyzois en veut pour preuve l'exemple autrichien où l'avortement est depuis 40 ans payé de la poche de celle qui y a recours sans que les offres illégales fleurissent. Et d'affirmer qu'il n'y a pas de risques pour les plus démunis. Une assurance complémentaire pour les IVG ne coûterait que 2 à 3 francs par mois, selon lui.

Dernière salve contre les affirmations de l'autre camp: l'initiative ne déresponsabilisera pas les hommes, bien au contraire. C'est aujourd'hui, parce que l'IVG est gratis, que les hommes peuvent laisser les femmes seules face à leur destin si elles tombent enceintes.

Le comité d'initiative est composé de représentants de l'UDC, du PDC, du PEV et de l'UDF. Au sein des deux premières formations toutefois, l'initiative ne fait pas l'unanimité. Tout comme les opposants, les partisans en appellent aux dons pour financer leur campagne pour l'instant budgétée à quelques centaines de milliers de francs.

Les initiants sont pour l'essentiel aussi des opposants à l'avortement. Le régime du délai, en vigueur depuis octobre 2002, autorise une intervention dans les douze premières semaines de grossesse.

Le médecin doit s'entretenir de manière approfondie avec la femme et lui remettre un dossier contenant des listes de centres de consultation gratuits, d'associations pouvant apporter un soutien moral ou financier et des possibilités de faire adopter l'enfant. (ats/nxp)

Créé: 11.12.2013, 17h29

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