Jeudi 27 juin 2019 | Dernière mise à jour 14:52

La Tchaux «Je préfère être traduit en justice que la mort d'un ouvrier!»

Le directeur de projet s'explique à La Chaux-de-Fonds, après la destruction controversée d'un immeuble inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.

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À La Tchaux, dix ans après l'inscription de son urbanisme au patrimoine mondial de l'Unesco, la destruction partielle d'un immeuble figurant dans le périmètre protégé a valu une volée de bois vert à l'instigateur du projet immobilier, une fondation à but social désireuse d'aménager des appartements protégés.

Vide depuis six ans après le déménagement de la quincaillerie Kaufmann, les immeubles 8 et 10 de la rue du Marché n'étaient pas beaux, mais ils participaient à un ensemble. Pourquoi les avoir démoli? «On ne démolit pas, on déconstruit. Ce qui a de la valeur est conservé, numéroté et retrouvera sa place», corrige d'emblée le chef de projet Alexandre Tomat.

Plainte pénale

Pour le chef du chantier, qui fait l'objet d'une plainte pénale, la déconstruction de trois murs sur un étage côté ouest s'imposait: «La sécurité des ouvriers passe avant tout», assure ce maçon devenu entrepreneur, après 40 ans de métier.

«Je préfère être traduit en justice pour le non respect d'un permis de construire plutôt que de la mort d'un ouvrier», martèle-t-il. Et l'entrepreneur prépare sa défense: «Jamais je n'ai eu l'intention de m'attaquer au patrimoine! Bien au contraire: notre projet restitue l'immeuble tel qu'il était!»

Que s'est-il passé? «Après la déconstruction des planchers, les murs extérieurs devenus chancelants menaçaient de s’effondrer à tout instant», insiste Alexandre Tomat, habitué à rénover ou à reconstruire des immeubles emblématiques de La Chaux-de-Fonds.

La «bruxellisation» attribuée au promoteur est une accusation qui lui a fait mal au coeur: «La fondation qui finance ce projet ne cache par un promoteur véreux, mais une famille caractérisée par une certaine noblesse», rapporte-t-il.

Tirer la prise

Une famille qui soi dit en passant, pourrait tirer la prise d'un projet non lucratif à huit millions, sans subvention. «Des espaces commerciaux et publics ont été prévus à la demande des autorités, désireuses d'animer le centre ville», précise Alexandre Tomat.

Le permis de construire accordé après trois ans de pourparlers n'a-t-il pas été respecté? C'est en tout cas l'avis du Service de l'urbanisme, qui ordonnait le 24 avril dernier «l'arrêt immédiat des travaux , jusqu'à nouvel avis».

Un avis contesté par le directeur du projet.«La démolition du toit vermoulu étant admise, la controverse ne porte que sur les trois murs du premier étage, côté ouest», indique Alexandre Tomat.

Le directeur du projet entre sur le chantier, salue les ouvriers, et grimpe la cage d'escalier du numéro 10, côté Est, là où les planchers seront remplacés par des dalles de béton.

Matériaux d'époque

«D'accord pour conserver les matériaux d'époque, mais dans l'ancienne quincaillerie, la disproportionnalité est évidente», dit-il en additionnant les coûts.

La question sous-jacente posée par la polémique est la suivante: faut-il toujours tout reconstruire à l'identique ou laisser l'architecture d'aujourd'hui s'épanouir? Le débat vaut à La Chaux-de-Fonds pour la rue du Marché 8/10 comme à Paris pour Notre-Dame... (Le Matin)

Créé: 06.06.2019, 19h39


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