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Harcèlement Jean-Charles Legrix nuit à son parti

L’UDC ne supportera pas longtemps que son élu à La Chaux-de-Fonds donne l’image d’être payé à ne rien faire.

Image: Laurent Crottet

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Combien de temps Jean-Charles Legrix va-t-il percevoir son salaire mensuel de 15 000 fr. sans diriger le département que ses collègues lui ont retiré pour protéger le personnel? C’est la question que se pose l’UDC à La Chaux-de-Fonds. Réponse du député Hugues Chantraine, secrétaire de la section locale: «L’image du parti prend un méchant coup. Cette situation ne pourra pas durer longtemps.»

Nouvelle explication

Lundi soir, le comité de la section UDC de la Chaux-de-Fonds a examiné une nouvelle fois les conséquences de la décision prise par l’exécutif de la Ville de retirer toutes ses tâches au Conseiller communal UDC Jean-Charles Legrix à l'occasion d'une réunion à laquelle une délégation de responsables cantonaux s'était associée. «La situation reste profondément confuse, notamment en ce qui concerne les aspects juridiques ayant abouti à la décision du Conseil communal», a indiqué l'UDC.

La section chaux-de-fonnière dit avoir pris connaissance des démarches actuellement entreprises par Jean-Charles Legrix – lequel s’est donc une nouvelle fois expliqué devant son parti et refuse toujours catégoriquement de démissionner. «Nous pouvons essayer de le convaincre, mais la décision n’appartient qu’à lui», soupire Hugues Chantraine. Sa patience a des limites, fixées «bien avant la fin de l’année. S’il persiste, Jean-Charles Legrix risque de subir de nouvelles attaques difficiles à vivre.»

Le président de la section locale, Florian Robert-Nicoud, indiquait hier encore dans «L’Impartial» qu’il était prêt à remplacer Jean-Charles Legrix. «Je ne le pousse pas à démissionner», prétend son dauphin. Mais l’impatience est perceptible: l’UDC ne considère plus Legrix comme une locomotive, mais comme un boulet sans aucune chance de réélection en 2016. «Remonter une telle pente, c’est extrêmement ardu. J’ai peur que sa carrière ne soit terminée», dit le secrétaire du parti.

«Après une législature catastrophique, le peuple a placé en nous l’espoir d’une remise à l’ordre. Jean-Charles Legrix savait taper sur la table, mais sa manière est sujette à caution. Voilà une affaire qui entache notre image de politiciens rigoureux», analyse Hugues Chantraine. Bref, comme il le résume, «ça fait tache».

Soutien officiel

Hugues Chantraine «regrette profondément» le blocage actuel. Mais pas question de sermonner Jean-Charles Legrix avant de savoir si, en lui retirant son dicastère, ses collègues n’ont pas enfreint le règlement: «Dans la mesure où des plaintes vont être déposées, ce sera à la justice d'établir si la décision prise est légale ou pas», note le parti. La section «refuse de céder à la pression, en particulier de celle des médias ou de l’agenda politique de certains partis».

Officiellement, l’UDC soutient Legrix. A la dernière assemblée du Conseil général (législatif) chaux-de-fonnier, la section a réclamé une commission d’enquête parlementaire. Le débat a été reporté à la prochaine assemblée et face à cette lenteur, l’UDC espère une démission. «Jean-Charles Legrix peut fort bien laver son honneur sans être conseiller communal», dit un représentant de ce parti.

Contesté comme député?

Jean-Charles Legrix est aussi député cantonal. Sera-t-il contesté dans cette fonction? Aucune intervention n’est annoncée au Grand Conseil qui siège aujourd’hui, mais en préparant la séance, les députés agrariens se sont inquiétés: faut-il laisser Jean-Charles Legrix revendiquer la présidence du Grand Conseil dans deux ans, lui qui est 2e vice-président? Cette perspective déplaît à l’UDC.

Si l’affaire Legrix prend une dimension cantonale, c’est aussi parce que si l’on veut pouvoir destituer un élu, il faudra modifier la Constitution. La commission législative en a déjà parlé suite aux écarts de Frédéric Hainard, et la discussion vient de reprendre.

Au Grand Conseil, Jean-Charles Legrix se fera remplacer par son suppléant Florian Robert-Nicoud, mais il ne faut y voir aucun signe: il paraît que c’était prévu de longue date. D'ailleurs, le parti a précisé: «Sur la base des informations fournies par le Conseiller communal UDC et de la discussion très ouverte qui a suivi, chaque participant va maintenant pouvoir se faire une appréciation personnelle de la situation, appréciation qui va prendre en compte les aspects humains, politiques et juridiques de ce délicat dossier». Et d'ici là, plus aucune communication ne sera faite...

Créé: 03.09.2013, 07h42

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