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Suisse/Allemagne Une jeune mère n'a pas le droit de voir son nouveau-né

Une Allemande est venue accoucher en Suisse parce que les autorités de son pays voulaient lui retirer son bébé après la naissance. Mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu.

Image: Twitter

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«Tout ce que je veux, c'est tenir mon bébé dans les bras», raconte Simone à «20 Minuten». L'Allemande de 20 ans a mis au monde un petit garçon, le vendredi 2 février, à l'Hôpital de l'Ile à Berne. Elle assure qu'elle n'a toujours pas pu voir son fils. «Ils m'ont donné une photo, mais je ne sais pas si c'est bien mon bébé. Il pourrait s'agir de n'importe quel enfant.»

Des recherches du quotidien alémanique montrent qu'un tribunal allemand a décidé en janvier que la jeune femme, qui souffre du syndrome de Jacobsen avec un léger retard mental, ne peut pas s'occuper seule de son enfant. Simone, elle, n'est pas de cet avis. Raison pour laquelle elle s'est rendue en Suisse.

En accouchant à Berne, elle espérait pouvoir garder son enfant. «Je pensais que les autorités suisses allaient évaluer mon cas dans les moindres détails pour que je puisse garder mon bébé.» Mais comme il s'est avéré, les autorités helvétiques avaient déjà été informées par les autorités allemandes de son intention d'accoucher dans notre pays.

La convention de La Haye sur l'enlèvement international d'enfants oblige en effet la Suisse de respecter les décisions prises par le pays d'origine sans effectuer des évaluations. Une réglementation que l'autorité de protection de l'enfant et de l'adulte du canton de Berne a appliqué à la lettre.

«Que des mensonges!»

Au total, cinq hommes pourraient être le père du garçon. Pendant sa grossesse, Simone était par ailleurs sans domicile fixe par intermittence. La jeune femme a passé des parties de sa jeunesse dans divers foyers puisque son père alcoolique n'était pas en mesure de s'occuper correctement d'elle après la mort de sa mère, il y a onze ans.

«Ce ne sont que de mensonges! Je ne suis pas retardée mentalement et mon père n'est pas alcoolique», prétend l'Allemande, qui voudrait élever son enfant au domicile de son papa, en Bavière. Reste que les juges allemands sont persuadés que ce domicile, «négligé», ne convient pas pour élever un nourrisson. En janvier, des employés de la protection de l'enfant s'étaient rendus sur place et avaient constaté que rien n'avait été installé ou aménagé pour le bébé. Cela alors que Simone allait bientôt accoucher.

Soutenue par des associations

Les autorités allemandes avaient alors proposé à la jeune femme d'emménager dans un foyer mère-enfant une fois son garçon mis au monde. A en croire la décision du tribunal allemand, Simone avait accepté cette solution dans un premier temps, mais avait finalement refusé cette option. Craignant pour le bien de l'enfant, la Cour avait donc décidé de le séparer de la jeune femme.

A la question de savoir pourquoi on lui a refusé de simplement voir son bébé, les autorités allemandes, tout comme l'Autorités de protection de l'enfant et de l'adulte à Berne, se sont contentées de dire qu'une procédure était en cours et qu'elles ne pouvaient pas s'exprimer sur les faits. Personne n'a également souhaité préciser où se trouve actuellement l'enfant.

Simone est actuellement soutenue par deux associations, l'une basée en Allemagne et l'autre en Suisse. Les deux structures défendent les droits des familles auxquelles on a retiré la garde d'un enfant. Dans ce cas précis, toutes les décisions prises par les autorités des deux pays ont été contestées. L'avocat helvétique de Simone estime que l'interdiction de contact avec son bébé constituait une grave violation des droits de l'homme. (nxp)

Créé: 09.02.2018, 14h58


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