Mercredi 13 décembre 2017 | Dernière mise à jour 13:52

Témoignages «Johnny n’aimerait pas nous voir tristes»

Johnny donnait tout pour son public, qui le lui rendait bien. En Suisse, on ne compte plus ses fidèles. C’est le cœur lourd qu’ils nous ont raconté leurs souvenirs.

Michel Dubey (60 ans), Yverdon (VD), fan suisse de Johnny Hallyday.

Michel Dubey (60 ans), Yverdon (VD), fan suisse de Johnny Hallyday. Image: Maxime Schmid/Le Matin

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Michel Dubey (60 ans), Yverdon (VD)

«Les gens ne me connaissent pas sous mon prénom, Michel. Pour tous, je suis Johnny Dubey», raconte le président et fondateur du fan-club Johnny Hallyday du Nord vaudois.

C’est enfant qu’il découvre celui qui deviendra son idole. «J’avais 7-8 ans, j’étais chez un copain. Son père, devant la télé, s’est exclamé: «Voilà encore un gueulard!» On s’est précipité pour voir de qui il parlait. C’était Johnny.» Le chanteur va faire plus qu’accompagner sa vie, il va en être un modèle. «J’ai un tatouage semblable à l’un des siens; j’ai fait partie d’un club de moto; j’ai même ouvert, à Yverdon, une boutique de vêtements Western Passion, la marque que portait Johnny.» Créer un fan-club était évident. «Nous sommes 120 et cela fait dix ans que je sors régulièrement un journal sur Johnny.» C’est d’ailleurs en allant lui en porter un exemplaire qu’il a pu, pour la première et dernière fois, rencontrer son idole. «J’ai pu aller le voir dans sa loge lors de son dernier passage à l’Olympia.

Quand la porte s’est ouverte, j’étais bouche bée devant lui. Je n’ai pu dire que «bonsoir Monsieur». Il y avait beaucoup d’émotion.»

Chez celui qui est aussi conseiller communal UDC à Yverdon, on trouve évidemment les disques et les films de Johnny, mais aussi un curieux photomontage du chanteur en armailli fait à l’époque de son chalet en Suisse. «Comme je suis d’origine fribourgeoise, je me devais de l’avoir.»

Olivier Singy (46 ans), Cheyres (FR)

La musique de Johnny, Olivier Singy la chante sur scène! «Ma carrière amateure a commencé par un karaoké: j’interprétais «Quelque chose de Tennessee» quand on m’a dit que ma voix était comme la sienne». Douze musiciens composent «Johnny H. Tribute», avec une chronologie de 25 titres revue et corrigée hier soir: «Pour moi, le 6 décembre, ce n’est plus la Saint-Nicolas, c’est la Saint-Johnny». indique Olivier, cantonier de profession. Prochain concert: le 21 avril 2018 à Aubonne (VD).

Elisabeth Harsch (59 ans), La Neuveville (BE)

Pleurer ou hurler, son cœur oscillait, hier matin, mais les messages et les appels des fans de Johnny l’ont happée. «J’ai perdu mes parents et mes amis proches emportés par un cancer. J’étais seule dans le deuil, mais là, c’est une déferlante: preuve que Johnny fait vraiment partie de nos vies.», glisse Elisabeth.

Mardi, devant un homme déguisé en Père Noël, elle a voulu lui demander de maintenir Johnny en vie, mais les sanglots l’en ont empêchée. En congé hier, cette infirmière assistante a enfilé un pull marqué «With all my Heart», de tout mon cœur. «Johnny n’aimerait pas nous voir abattus», glisse-t-elle. À la fenêtre de sa chambre, elle a suspendu l’ultime message qu’elle lui a adressé sur une banderole à Paris-Bercy: «Johnny pour la vie». Les précédants proclamaient «Grâce à toi j’ai toujours… 20 ans!» ou «Merci à l’homme qui ne m’a jamais déçue».»

Les concerts, Elisabeth les a multipliés pendant 44 ans, souvent en solitaire, parfois au premier rang. Elle était de toutes les tournées, y compris la dernière, celle des «Vieilles Canailles», pour cinq dates. Johnny, elle l’a dans la peau, avec un «Que je t’aime» tatoué sur le bras gauche. Son plus beau souvenir date de Bercy: «Il m’a vue et m’a souri.» Sa banderole était visible, hier, sur les images qui tournaient en boucle sur TF1.

Claude Chevalier (69 ans) et Marie Frieden (61 ans), Hauterive (NE)

Un trois-pièces, dont une réservée au «Nouveau musée Johnny Hallyday»: Claude Chevalier partage sa passon avec son compagne Marie dans leur HLM. «On est fan, mais pas fou», disent-ils. Ce qui amplifie leur chagrin, c’est la mort d’un ami musicien emporté par un cancer et enterré aujourd’hui. Un look à la Johnny, mais ni alcool, ni fumée: Claude Chevalier promet que leur musée «restera vivant et ne deviendra pas un mausolée». Leur muséetémoigne d’une passion née en écoutant le groupe «Weels» dans un local syndical de St-Imier (BE), il y a... 53 ans. (Le Matin)

Créé: 07.12.2017, 06h47


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