Vendredi 14 décembre 2018 | Dernière mise à jour 12:33

Santé La jungle des apps médicales

Il existe aujourd’hui une montagne d’applications médicales, mais leurs bienfaits ne sont pas prouvés scientifiquement.

La santé grâce à son smartphone? Pourquoi pas, mais il faut savoir distinguer le bon grain de l’ivraie.

La santé grâce à son smartphone? Pourquoi pas, mais il faut savoir distinguer le bon grain de l’ivraie. Image: Getty Images

Une appli pour sauver des vies

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Maddalena Di Meo est directrice de la société FirstMed. Elle a imaginé Mad4Care, une application conçue pour sauver des vies lors d’instants critiques, surtout une crise cardiaque.

Face à quelqu’un en situation d’urgence vitale, on se retrouverait en un clin d’œil en visioconférence avec un régulateur du 144. Qui, après avoir apprécié la situation, assisterait, soutiendrait et aiderait à effectuer les gestes qui sauvent.

«Ce sera un assistant vocal pour situation d’urgence. Le prototype est prêt, nous en sommes à l’étape de la levée de fonds», note Maddalena Di Meo, qui espère lancer son application d’ici à la fin de l’année. Elle serait gratuite.

Téléconsultation personnalisée

Développée entièrement en Suisse, MyMedApp est disponible depuis quelques semaines. «Elle sert avant tout à rapprocher le médecin et son patient et à répondre au problème de la mobilité du patient», explique le Dr Abdel Boudemagh, neurochirurgien et patron de SwissMedCall.

Concrètement, le spécialiste et l’utilisateur ont tous deux l’application sécurisée et personnalisable. Elle permet une gestion de l’agenda, de solliciter un rendez-vous, l’envoi de photo ou ordonnances et des téléconsultations pour de simples suivis ou des cas bénins.

Tout le défi pour MyMedApp est aujourd’hui de convaincre les médecins de l’adopter. Ils sont pour l’instant 35 en Suisse romande. L’app est gratuite pour le patient et coûte 249 francs par mois au praticien. «Un montant remboursé en deux téléconsultations», plaide le Dr Boudemagh.

Ses vaccins sur smartphone

Disponible depuis quelques années, myViavac est l’une des rares applications médicales recommandée par l’Office fédéral de la santé publique. Il s’agit du carnet de vaccination électronique suisse pour smartphone.

Il permet de gérer ses vaccinations, de savoir lesquelles sont utiles selon sa situation personnelle, de choisir les médecins qui ont accès à ces données ou encore de recevoir une notification quand un vaccin doit être renouvelé.

Autre avantage, le carnet de vaccination électronique permet de ne plus perdre son carnet de vaccination… L’application coûte 1 franc.

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Il en existe pour les pollens, le diabète, les tiques, les AVC, les problèmes cardiaques, les apnées du sommeil: les applications santé pullulent. Avec à la clé un bienfait pour la santé? Pas forcément. C’est plutôt une «jungle» dans laquelle il faut savoir distinguer le bon grain de l’ivraie, explique le Dr Jean Gabriel Jeannot, spécialiste en médecine interne à Neuchâtel et expert en santé numérique.

Pour lui, il faut d’abord définir de quoi on parle. «Les applications axées sur le bien-être – mangez de la salade, faites du yoga, etc. – ne sont évidemment pas problématiques. Tout comme celles vraiment axées santé mais centrées sur le service.»

Le spécialiste et créateur de medicalinfo.ch donne l’exemple de SmartHUG, une application des Hôpitaux universitaires de Genève permettant par exemple de connaître le service d’urgence le plus proche ou les temps d’attente.

Pour le reste, le Dr Jeannot prône la prudence. «Les applications qui ont un contenu médical, clinique, suscitent un réel engouement et apparaissent modernes et attractives. Mais le grand problème c’est que pour l’immense majorité il n’existe aucune validation de qualité.»

Pour le diabète, on en dénombre par exemple des dizaines et des dizaines. «Ce sont potentiellement des outils fantastiques, le monde médical doit être ouvert à ces nouveautés. Mais critique, aussi, car les bonnes intentions ne suffisent pas», plaide Jean Gabriel Jeannot. «Or aucune de ces applications n’a démontré scientifiquement son efficacité. Sans parler de tous les problèmes juridiques: en premier lieu, qu’advient-il de mes données?»

En manque de label

Lorsqu’on joue avec la santé, il est en effet étonnant que ces applications ne soient pas encadrées. Elles pourraient devoir passer un processus d’homologation, comme les médicaments. Jean Gabriel Jeannot souhaite, lui, plutôt des labels de qualité, à l’image de mHealth Quality, qui se développe actuellement en France.

Amélioration de la survie

L’expert estime cependant que l’avenir appartient plutôt aux applications spécifiques, de niche. «Comme MoovCare, conçue pour le suivi de personnes atteintes du cancer du poumon. Elle offre une amélioration de la survie qui a été démontrée.» Et à la télémédecine. «Dans d’innombrables exemples, un contact direct entre le praticien et son patient n’est pas indispensable», note Jean Gabriel Jeannot. (Le Matin)

Créé: 24.04.2017, 15h22

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