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14 juin L'UDC dénonce des «hordes qui font la chasse aux femmes»

L'UDC s'en prend aux migrants qui seraient responsables de l'insécurité pour les femmes. La gauche dénonce l'hypocrisie d'un parti qui refuse toutes ses propositions pour lutter contre les violences.

A l'occasion du 14 juin, l'UDC a publié la photo de ses représentantes à Berne. Deuxième depuis la gauche, la Vaudoise Alice Glauser sera probablement la seule de l'UDC à se joindre aux manifestations organisées au Palais fédéral.

A l'occasion du 14 juin, l'UDC a publié la photo de ses représentantes à Berne. Deuxième depuis la gauche, la Vaudoise Alice Glauser sera probablement la seule de l'UDC à se joindre aux manifestations organisées au Palais fédéral. Image: DR

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Ce 14 juin, les femmes revendiquent plus d'égalité, plus de droits, plus de respect et moins de violence à leur égard. À Berne, l'UDC n'a manifesté aucune sympathie pour cette journée de grève. Mais, pour l'occasion, elle sort l'artillerie lourde pour pointer du doigt ce qui serait la cause principale du malheur des femmes: les «hommes non intégrés», qui usent de violence envers elles.

De la violence «importée»

«Il est avéré statistiquement depuis longtemps, écrit l'UDC dans un communiqué publié mercredi, que la majorité de la violence contre les femmes est importée. Aussi bien la statistique criminelle de la Confédération que la statistique des condamnations pénales indiquent que les actes de violence sont commis principalement par des hommes non intégrés.»

«Des hordes qui font la chasse aux femmes»

L'UDC dépeint ainsi une situation où les femmes ne sont plus en sécurité: «Elles subissent, lorsqu'elles sortent le soir, des attaques verbales grossières et même des agressions sexuelles et physiques. Des jeunes hommes issus de cultures patriarcales se donnent rendez-vous et forment des hordes pour faire la chasse aux femmes, dont ils jugent le comportement en public déshonorant, et se livrent à des attouchements sexuels, voire, dans les cas extrêmes, commettent des viols en groupe.»

Adèle Thorens (Verts/VD) estime que ce communiqué est tout à fait choquant: «La loi est la même pour tout le monde. Tous les auteurs de violence contre les femmes doivent être poursuivis, ce n'est pas une question de couleur de passeport ou de peau. Le fait de désigner des boucs émissaires n'y change rien.»

De la« mauvaise caricature»

L'UDC s'en prend aussi à la gauche qu'elle accuse d'avoir une attitude «absurde» et «irresponsable» en fermant les yeux sur certaines réalités. Pour Samuel Bendahan (PS/VD), ce communiqué est «insultant» pour la gauche: «L'UDC devient féministe par pure opportunisme. Depuis des années, c'est la gauche qui fait des propositions pour améliorer la situation des femmes et l'UDC qui les refuse toujours. Ses propos relèvent de la mauvaise caricature pour tenter de remettre le thème des migrants sur le devant de la scène.»

Les Suisses aussi...

Manuel Tornare (PS/GE) rappelle que la conseillère nationale Alice Glauser (UDC/VD) s'était fait remettre à l'ordre devant tout le monde lorsqu'elle avait voté en faveur des quotas dans les conseils d'administration. Confrontée au communiqué de son parti, la Vaudoise le défend: «Il faut admettre que du point de vue statistique, il y a une proportion plus importante d'hommes étrangers qui sont condamnés pénalement pour des violences sexuelles.» Cela dit, elle aurait aimé que le communiqué soit moins focalisé contre les étrangers: «Les femmes suisses subissent aussi des violences par des Suisses. On trouve de la violence domestique dans toutes les conditions. Je regrette qu'on n'ait pas exprimé cela aussi.»

Moins de suspicion

Quant au fait que l'UDC refuse systématiquement les propositions de la gauche pour lutter contre ces violences, elle répond: «Il existe déjà de nombreuses possibilités pour les femmes de se faire entendre. Dans notre parti nous estimons qu'il y a déjà ce qu'il faut pour agir contre ces problèmes. Mais je suis consciente aussi que dans ces institutions, les femmes rencontrent de la suspicion quand elles portent plainte et cela est inacceptable. Il faut reconnaître ces violences et davantage écouter les femmes.»

Ce 14 juin, Alice Glauser ne s'habillera pas en violet, mais elle rejoindra ses collègues féminines lors de la pause prévue à 11 heures. Ce sera probablement la seule élue UDC à faire le pas.

Créé: 13.06.2019, 17h47

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