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Votations La presse souligne l'échec d'initiatives «populistes»

«Claque», «fessée», «râteau», «raclée», «flop», «déculottée»: les journaux romands ont rivalisé de mots durs pour qualifier les défaites du PDC et des Vert'libéraux.

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Le PDC et des Vert'libéraux ont vu dimanche leurs initiatives respectives, sur les allocations familiales et la fiscalité écologique, rejetées massivement dans les urnes.

L'objectif visé par les deux partis à travers ces objets, lancés durant l'année électorale 2011, était de se positionner sur un sujet jugé séduisant et central pour leur propre électorat, analyse Le Temps. Toutefois, le thème retenu n'a pas été considéré comme prioritaire par les électeurs, qui ont préféré sanctionner ceux qui lancent des initiatives populaires.

Le Courrier, qui évoque des textes «populistes», se réjouit du fait que «les votants ne s'y soient pas laissés prendre». Pour le PDC, il s'agissait de brandir un fondamental: la famille. Sans se préoccuper du manque à gagner pour les caisses publiques, qui se serait traduit par des prestations moindres frappant les plus déshérités, assure le journal genevois.

Le PLR traitait d'initiatives marketing ces propositions du PDC et des Vert'libéraux, «ce qui n'était pas totalement faux», ajoutent L'Express et L'Impartial. Et «côté marketing», c'est «un certain flop».

Le Matin note à la lumière de ces défaites que la multiplication des initiatives alimente «une forme de lassitude». Mais «laisser s'exprimer dans les urnes des idées, fussent-elles ultra-minoritaires, est un gage de crédibilité de notre système politique», rappelle le quotidien orange.

«Vaches à lait»

Côté allocations familiales, l'attitude des votants et la teneur de la campagne d'opposition ne sont pas restées sans critiques. L'électeur veut bien soulager les riches étrangers installés en Suisse, via le maintien du forfait fiscal, mais la classe moyenne «peut bien continuer à être l'une des vaches à lait du système», assènent 24 heures et La Tribune de Genève.

Les quotidiens lémaniques s'en prennent aussi à la gauche, qui a stigmatisé les quelque 6% de familles avec revenu supérieur élevé, constatant qu'elles pourraient déduire davantage que les autres. Or ces familles sont déjà frappées par la progressivité de l'impôt, poursuivent les journaux. Et ce sont souvent elles qui participent au financement des structures étatiques de crèches et parascolaires.

Pour Le Nouvelliste, le mauvais résultat de dimanche est d'abord «un échec cuisant» du PDC, qui «a fait preuve d'un amateurisme prodigieux en partant seul au combat», le soutien tardif de l'UDC se révélant «anecdotique». Le parti de Christophe Darbellay n'a pas non plus réussi à rallier à sa cause ses propres membres, comme certains ministres cantonaux des finances.

La crainte de voir les caisses de l'Etat se vider a joué à plein, selon Le Journal du Jura: «la perspective de pertes fiscales à hauteur d'un milliard de francs a pesé dans la balance». Quant au soutien officiel de dernière minute de l'UDC, «il n'a pas permis à l'initiative d'éviter le naufrage.»

Des alternatives

Malgré cette «fessée» pour le PDC, la Suisse doit prendre soin de ses familles si elle veut préserver la relève du pays, avertit pour sa part Le Quotidien jurassien. La réflexion tourne autour de la gratuité des primes d'assurance maladie pour les jeunes, l'augmentation des allocations familiales ou des réductions fiscales pour les parents.

«Quand tombent les coupes dans les budgets publics, quand la force du franc affaiblit les entreprises exportatrices, le peuple n'est guère enclin aux paris sur l'inconnu», écrit La Liberté. Mais renforcer «les dispositifs existants (allocations, déductions fiscales, mesures pour concilier vie professionnelle et familiale) est possible sans risquer un bris de vaisselle devant le peuple».

«Instruments de campagne»

Dans la presse alémanique, le Blick relève que le centre lorgne depuis des années jalousement à droite, vers l'UDC, dont les initiatives populaires ont rencontré un certain succès auprès des Suisses, et tente d'en lancer lui aussi. «Mais si ces textes ne deviennent que des instruments de campagne, les électeurs s'énervent, à raison», poursuit le quotidien.

Après ces défaites, on ne peut que constater que les initiatives ne sont pas les instruments les plus adaptés aux partis du centre, note pour sa part le Tages-Anzeiger/Der Bund. Le PDC doit aussi prendre conscience que les objets sur la famille ne sont pas capables de rassembler des majorités.

Pour la Neue Zürcher Zeitung, le «prétendu parti de la famille» a assurément manqué à son devoir. «Il ne pourra vraiment tirer de bilan qu'après les élections fédérales en octobre.» (ats/nxp)

Créé: 09.03.2015, 06h59

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