Samedi 17 août 2019 | Dernière mise à jour 12:47

Protection des espèces La Suisse veut continuer à protéger les rhinocéros

Samedi aura lieu à Genève la Conférence des espèces menacées où la Suisse annonce déjà qu'elle s'opposera à la demande de l'ex- Swaziland d'exploiter les rhinos.

Le rhinocéros, une espèce en danger.

Le rhinocéros, une espèce en danger. Image: archive/photo d'illustration/AFP

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La Suisse ne veut pas d'un assouplissement de la protection des rhinocéros. Elle s'opposera à cette proposition de l'Afrique du Sud lors de la prochaine Conférence des parties à la convention sur la protection des espèces menacées d'extinction (CITES).

La Conférence débute samedi à Genève et se tiendra jusqu'au 28 août. L'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), qui y prend part, a présenté mardi à la presse son mandat. Cinquante-sept propositions de modifications ont été déposées.

L'Eswetina (ancien Swaziland) veut autoriser l'exploitation commerciale des rhinocéros. Le braconnage de ces animaux est trop important. La Suisse s'opposera donc à la demande du pays africain. Elle rejettera également la proposition de la Namibie qui veut faciliter la vente d'animaux vivants et de trophées de chasse, notamment des rhinocéros blancs du sud.

Commerce de l'ivoire

Les Etats d'Afrique du Sud voudraient discuter de la possibilité de faire un commerce contrôlé de l'ivoire d'éléphant. La population du pachyderme dans ces Etats est stable ou augmente. Dans les autres pays africains les effectifs diminuent. Ils voudraient interdire complètement ce commerce.

La Suisse ne soutiendra aucune de ces propositions. Elle privilégie des mesures qui s'attaquent aux problèmes de fond. Celles qui ont un effet sur la demande au niveau des marchés consommateurs, qui sont destinées à prévenir le commerce local de l'ivoire, qui visent à renforcer les contrôles ou à approfondir les coopérations nationale et internationale.

Le secrétariat de la CITES recommande aussi de rejeter les propositions concernant les éléphants, a dit la secrétaire générale de la CITES Ivonne Higuero lors d'une conférence de presse à Genève. Il veut maintenir le niveau actuel de protection pour l'instant. Mme Higuero reconnaît toutefois que les pays d'Afrique australe ont effectivement mieux protégé leurs éléphants.

Girafes

Une proposition a été déposée afin de mieux protéger les girafes. Les effectifs déclinent à cause de la perte de leur habitat naturel et de la croissance démographique. Les Etats d'Afrique du Sud s'y opposent. Ils disposent d'une gestion scientifique de leur population et ont apporté la preuve de l'exploitation durable de l'espèce.

Toutefois, estime l'OSAV, le commerce international n'est responsable du recul que dans une mesure très faible. C'est pourquoi la Suisse n'appuiera la proposition que si une solution différenciée est proposée.

La majorité des propositions concernant les reptiles et les amphibiens trouveront le soutien de la Suisse. Mais la situation des espèces concernées doit être améliorée. Les mesures devront être accompagnées de mesures de protection et de gestion des populations dans les pays d'origine, exige la Suisse.

Population marine

Par ailleurs, l'exploitation des raies, des requins et des holothuries n'est pas durable. Ces animaux font l'objet d'une pêche excessive. La Suisse veut soumettre les pays d'origine à une déclaration de conformité et à une autorisation d'exploitation.

La Suisse a aussi déposé une intervention concernant le commerce de poissons d'ornement marins et l'impact sur les effectifs. Des analyses montrent que le nombre de poissons et le nombre d'espèces sont élevés, mais les effets sur la durabilité sont presque inconnus.

Concernant la flore, la délégation suisse soutiendra les propositions visant à réduire la déforestation des essences de bois dans les forêts tropicales.

Planifiée au Sri Lanka

A l'origine, la 18e Conférence devait se tenir au Sri Lanka. Après les attentats contre des églises à Pâques, les organisateurs ont décidé de déplacer la rencontre à Genève pour des raisons de sécurité.

Les 183 Parties se réunissent tous les trois ans, statuent sur les modifications des listes d'espèces à protéger et arrêtent le programme pour les trois ans à venir. Plus de 35'000 espèces sont protégées par la Convention, signée en 1973 à Washington. La Suisse est Partie à part entière, Etat dépositaire et Etat hôte du secrétariat du CITES. (ats/nxp)

Créé: 13.08.2019, 14h29

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