Lundi 19 août 2019 | Dernière mise à jour 03:15

Suisse Le chef de l'armée pour l'intégration des transgenres

L'armée doit s'adapter et évoluer, estime Philippe Rebord, qui veut autoriser le service militaire aux personnes transgenres.

Philippe Rebord défend aussi l'intégration des femmes.

Philippe Rebord défend aussi l'intégration des femmes. Image: Keystone

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Le chef de l'armée Philippe Rebord veut autoriser le service militaire des personnes transgenres. L'armée doit s'adapter et évoluer, a-t-il déclaré dans une interview parue vendredi dans le gratuit alémanique «20 Minuten».

Les médecins militaires ont jugé qu'une personne transgenre était inapte au service militaire, alors même qu'elle avait passé les tests médicaux et qu'elle voulait désespérément s'engager, révélait jeudi le quotidien vaudois «24 Heures». Celle-ci a donc déposé un recours.

Une commission spéciale s'occupera de cette affaire. Le commandant de corps, qui va quitter son poste à la fin de l'année, pense que les personnes transgenres ont le droit de servir si elles remplissent les conditions: «Nous allons réviser le manuel.»

Dix-huit diagnostics par an

En moyenne, les médecins militaires posent environ dix-huit diagnostics de transsexualité par an. Les règlements actuels de l'armée prévoient toujours l'inaptitude au service militaire et à la protection civile en cas de transsexualité, mais l'armée a adapté sa pratique aux réalités de la société.

La brèche a été ouverte en 2013 par un membre de l'armée qui avait effectué une centaine de jours de service en tant qu'homme et qui s'était annoncé - avec succès - pour une mission militaire de paix au Kosovo après son changement de sexe.

Plus récemment, en avril dernier, l'armée suisse a ouvert le bureau «Diversity Swiss Army» pour traiter l'intégration des personnes transgenres. Mais les commandants de compagnie sont formés à la gestion de la diversité depuis les années 90.

Attirer les femmes

Le chef de l'armée suisse défend aussi l'intégration des femmes. Il souhaiterait avancer la journée de sensibilisation, aujourd'hui fixée à l'âge de 18 ans: «Nous devons atteindre les jeunes femmes déjà à 15 ou 16 ans».

Si les Suisses devaient voter un jour sur le service militaire des femmes, «je voterai oui», a dit Philippe Rebord. On compte actuellement 22% de femmes engagées dans la Swisscoy au Kosovo tandis que la moyenne descend à 0,7% pour l'ensemble de l'armée. (ats/nxp)

Créé: 16.08.2019, 11h45

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