Dimanche 25 août 2019 | Dernière mise à jour 19:50

Suisse Le financement des soins infirmiers divise

Le contre-projet à l'initiative populaire «Pour des soins infirmiers forts» réunit un large soutien qui s'évapore dès que son évoqués financement et répartition des tâches.

Le contre-projet prévoit que les infirmiers pourront se passer de prescription pour fournir des soins de base à la charge de l'assurance maladie obligatoire.

Le contre-projet prévoit que les infirmiers pourront se passer de prescription pour fournir des soins de base à la charge de l'assurance maladie obligatoire. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Tous les partis, UDC exceptée, soutiennent globalement le contre-projet de la Commission de la santé publique du Conseil national à l'initiative populaire «Pour des soins infirmiers forts». Mais le financement et la répartition des tâches entre le canton et la Confédération divisent les partis.

Le contre-projet prévoit une offensive de formation et un renforcement des compétences du personnel soignant. Les cantons devront prescrire aux hôpitaux, aux établissements médico-sociaux (EMS) et aux organismes de soins à domicile le nombre de places de formation aux soins infirmiers.

En échange, Confédération et cantons participeront aux coûts non couverts des formations proposées par les fournisseurs de prestations et améliorer les salaires versés aux étudiants. Le contre-projet coûtera à la Confédération 469 millions de francs, répartis sur huit ans.

Large soutien

Au terme de la procédure de consultation qui s'est achevée mercredi, le PS et les Verts sont les partis qui se montrent les plus favorables à cette proposition. Selon les socialistes, un tel financement est absolument nécessaire afin de lutter un peu plus efficacement contre la pénurie d'infirmiers. Même son de cloche du côté des Verts, qui saluent des mesures concrètes. Seule ombre au tableau: la durée. Huit ans, c'est trop peu, aux yeux des deux partis de gauche.

Les Vert'libéraux saluent aussi le contre-projet. Ils s'accommodent d'un soutien financier provenant de la Confédération, qui se justifie par les circonstances particulières, notamment la pénurie de personnel. La formation du centre juge pertinent de limiter la durée du soutien à huit ans. Des débats sur la poursuite du programme pourront avoir lieu d'ici là.

Pour le PDC, les conditions de travail et la satisfaction professionnelle sont avant tout du ressort des employeurs et des partenaires sociaux. Le parti soutient cependant le contre-projet, ainsi qu'une revalorisation des professions des soins.

Les griefs du PLR

Le PLR est d'accord sur le fond, c'est-à-dire l'encouragement à la formation, mais pas sur la forme. Les libéraux-radicaux considèrent que le soutien aux personnes en formation doit se faire au niveau cantonal. Une idée qui déplaît aux Verts, qui craignent que certains cantons ne soient pas assez actifs.

Autre grief du PLR, le contre-projet ne vise qu'à garantir un nombre suffisant de places de formation pratique en soins infirmiers Ecoles supérieures (ES) et Hautes écoles supérieures (HES) alors que d'autres filières ne seraient pas soutenues. Le PLR juge également qu'une partie des aides devrait être accordée sous la forme de prêts.

De son côté, l'UDC s'oppose frontalement au contre-projet. Il ne ferait qu'accélérer «l'académisation» du métier à travers une formation «théorique et chère». Il faut au contraire tout faire pour réduire les coûts, martèle le parti.

Infirmiers revalorisés

Comme le demande l'initiative, le contre-projet prévoit aussi que les infirmiers pourront se passer de prescription pour fournir des soins de base à la charge de l'assurance maladie obligatoire. Mais si l'augmentation des coûts des soins devait dépasser la moyenne, le canton devrait pouvoir prendre des mesures et geler l'admission de nouveaux infirmiers.

Cette proposition reçoit l'aval du PS. Pour le parti de gauche, elle permet de légaliser une pratique qui existe depuis longtemps dans les faits. Les Verts saluent également ce point, un élément central de l'initiative populaire. C'est un point essentiel pour la reconnaissance et l'attrait de la profession.

Les Verts'libéraux, mais aussi le PDC, font toutefois preuve de retenue sur ce point. Ils se montrent favorables mais craignent une explosion des coûts. Le Conseil fédéral doit lister clairement les prestations qu'un infirmier peut fournir.

Le PLR n'est pas opposé au droit de prescrire certains soins, mais il souhaite des garde-fous pour éviter une explosion des coûts. Il juge raisonnable de conditionner la facturation de certaines prestations à la conclusion d'une convention avec un ou plusieurs assureurs.

Enfin, la proposition d'améliorer les conditions de travail du personnel soignant, soutenue par une minorité de la commission, est reprise par les Verts et le PS. PLR, PDC et Vert'libéraux s'y opposent. (ats/nxp)

Créé: 15.08.2019, 10h18

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.