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Grands prédateurs Le Parlement veut aussi réguler les meutes de loups

Les loups doivent pouvoir être abattus lorsque les meutes présentent un danger pour les troupeaux selon le Parlement.

Un loup dans le canton du Valais.

Un loup dans le canton du Valais. Image: Photo d'illustration/Keystone

La réaction de Pro Natura et du WWF

Pour Pro Natura et le WWF, «il ne fait aucun doute que le contenu du projet d’ordonnance est inacceptable» via un communiqué ce jeudi 12 mars.

La révision de la loi sur la chasse prévoit la régulation des meutes de loups. «Pro Natura et le WWF ne peuvent cependant accepter cette exigence que si une population viable à long terme est présente en Suisse.»

«C’est en revanche à la science, et non à la politique, de définir à partir de quand une population de loups est viable», affirme Gabor von Bethlenfalvy, expert en grands prédateurs au WWF.

Les deux associations jugent la révision de l'ordonnance sur la chasse «hâtive» et contre-productive quant aux attaques de loups.

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Par 151 voix contre 17 et 21 abstentions, le Conseil national a transmis le jeudi 12 mars une motion du Conseil des Etats. Le gouvernement s'est aussi dit prêt à légiférer en ce sens.

Après ce feu vert du Parlement, il s'attellera donc sans tarder à une révision de la loi sur la chasse. La législation actuelle classe le loup parmi les espèces protégées. Mais elle autorise les cantons, moyennant l'assentiment de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), à prévoir le tir d'animaux protégés si la sauvegarde des biotopes ou le maintien de la diversité des espèces l'exige.

L'ordonnance précise que le loup peut être abattu en cas d'importants dommages aux animaux de rente, de pertes sévères dans les contingents pour les chasseurs ou de menace considérable pour l'être humain.

Mieux réguler les animaux

Pour l'auteur de la motion Stefan Engler (PDC/GR), les méthodes appliquées jusqu'ici ne suffisent pas à résoudre les conflits à venir et réguler la population de loups.

Selon lui, il doit être possible de tirer le canidé dans une région où rôdent des meutes causant des dommages aux troupeaux et compromettant la bonne répartition de la faune sauvage, la sécurité publique ou l'exploitation touristique. Le Grison évoque une régulation des animaux osant s'approcher de pâturages suffisamment protégés ou étant de moins en moins craintifs à l'égard de l'homme.

Il s'agit d'un compromis judicieux et acceptable, a expliqué Silva Semadeni (PS/GR) au nom de la commission. On peut gérer les effectifs sans faire disparaître le loup de Suisse.

«Une condamnation préventive»

Pierre Rusconi (UDC/TI) a proposé en vain de rejeter la motion. Selon lui, abattre des loups même s'ils n'ont commis aucune attaque équivaut à une condamnation préventive destinée seulement à réduire le nombre de bêtes. Cette pratique doit être considérée comme un passeport pour la chasse aux loups.

Le canidé occupe régulièrement les parlementaires. La ministre de l'environnement Doris Leuthard a néanmoins pu souffler un peu lors de la dernière session. Le Conseil des Etats a repoussé à plus tard le traitement d'une motion de René Imoberdorf. Le PDC valaisan veut que le loup puisse être chassé toute l'année.

Abattre des jeunes loups

Une autre révision est déjà sur les rails: dès le mois de juin, les jeunes animaux des régions où vivent des meutes devraient pouvoir être abattus, sur décision des cantons. Avant d'être tiré, le canidé devra à plusieurs reprises s'être approché d'une agglomération sans vraiment craindre l'homme. L'OFEV a lancé mi-janvier et jusqu'au 16 mars une consultation sur la révision de l'ordonnance sur la chasse.

En ligne de mire notamment, les jeunes canidés trop téméraires qui s'approchent régulièrement des agglomérations sans se montrer suffisamment farouches. Plusieurs cas ont été recensés récemment. En juin dernier, un jeune prédateur avait été écrasé par un train dans l'agglomération zurichoise, et en octobre, un autre avait tué un mouton dans un enclos à proximité d'habitations en Valais.«» (ats/nxp)

Créé: 12.03.2015, 09h40

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