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Suisse Les syndicats se méfient d'Ignazio Cassis

Les syndicats n'ont pas apprécié que le conseiller fédéral se dise prêt à rediscuter des mesures d'accompagnement, notamment la règle des huit jours.

Ignazio Cassis s'est attiré l'inimité des syndicats.

Ignazio Cassis s'est attiré l'inimité des syndicats.

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En se disant prêt, lors d'une récente interview à la SRF, à rediscuter des mesures d'accompagnement sur l'accord-cadre institutionnel, le conseiller fédéral Ignazio Cassis a perdu le soutien des syndicats. Ils l'ont clamé vendredi à Berne lors d'un point de presse.

USS, Travail.Suisse, Unia et Syna n'ont plus confiance en Ignazio Cassis. Ces représentants des travailleurs suisses sont unanimes: la règle des huit jours est un pilier central pour le contrôle des mesures d'accompagnement.

«Il n'y a aucune raison de craquer face à l'UE précisément sur le délai d'annonce», a lancé Paul Rechsteiner, président de l'Union syndicale suisse (USS).

«Grâce à ce procédé, les instances de contrôle disposent de suffisamment de temps pour l'analyse et l'estimation de risques», a pour sa part expliqué Hans Maissen, responsable du secteur et vice-président du syndicat Syna. Selon lui, ce délai est essentiel, notamment pour les affectations d'un à trois jours.

Citant le cas d'un menuisier autrichien fabriquant et livrant une cuisine en un jour pour un maître d'ouvrage suisse, M. Maissen a détaillé: «Avec un délai d'annonce plus court, des affectations de courte durée - qui se comptent par milliers dans les régions frontalières - les contrôles ne seraient plus possibles, et cela entraînerait de grandes irrégularités des conditions de travail, ainsi que du dumping salarial».

Annonces triées par canton

Vania Alleva, présidente du syndicat Unia, rappelle que le canton de Berne reçoit 20'000 annonces par an, soit de 400 à 600 par semaine. Elle confirme que les huit jours actuellement prévus pour les contrôles sont très brefs: «Les annonces doivent d'abord être triées en fonction des cantons, puis des différentes commissions paritaires».

«Il ne faut vraiment avoir aucune idée de la pratique sur le terrain pour mettre ce délai en question», tempête-t-elle. Avant de conclure, résumant une fois encore la réaction aux propos de M. Cassis: «Il en va de la protection des salaires en Suisse».

Suite aux premières réactions suscitées mardi par les propos de M. Cassis, le DFAE avait précisé: «Les affirmations de M. Cassis ne mettent aucunement en discussion sa position, qui est celle du Conseil fédéral, par rapport à la nécessité de protection des travailleurs, en particulier des travailleurs détachés». (ats/nxp)

Créé: 15.06.2018, 12h49

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