Vendredi 6 décembre 2019 | Dernière mise à jour 20:38

Votations Loi sur les armes: les sondages soufflent le chaud et le froid

47 % ou 33% de non? Les opposants à la loi sur les armes passent-ils tout près de l'exploit ou sont-ils déjà défaits? Le secrétaire de Pro Tell, Robin Udry, mise tout sur les débats à venir.

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Le Sondage Tamedia diffusé la semaine dernière donnait un petit oui à 53 % à la loi sur les armes, face à 47 % de non. Celui diffusé ce vendredi par la SSR donne un grand oui à 66% avec 33% de non. Entre ces deux résultats, il y a une différence de taille. Dans le premier cas, les référendaires seraient proches d'une victoire, dans le second, c'est la défaite qui semble inéluctable.

En attendant le vrai débat

Il reste que les deux sondages montrent que le peuple est favorable à la loi. Pour le secrétaire général de Pro Tell, Robin Udry, ces chiffres qui soufflent le chaud et le froid sont à prendre avec un grand recul: «Les sondages sont ce qu'ils sont, une image à un moment donné de l'opinion. Pour nous, la campagne n'a pas encore commencé. Il n'y a pas eu de débats à proprement parler. Actuellement, les gens répondent au sondage avec ce qu'ils ont comme informations. Ces sondages nous indiquent simplement qu'il y a du travail à faire pour expliquer notre position de manière posée, calme et fondée.»

Campagne populaire

Cela dit, les opposants, notamment regroupés dans la Communauté d'intérêts du tir (CIT), qui compte 14 associations, ont déjà pas mal travaillé sur les réseaux sociaux avec leurs visuels: «Non, au diktat de l'UE qui nous désarme». Une douzaine d'hommes et de femmes ordinaires, liés de près ou de loin à la problématique des armes, font passer le message depuis plusieurs semaines, la main droite tendue contre la loi de l'envahisseur. Parallèlement, des initiatives individuelles se font remarquer ici ou là sur un ton plutôt agressif contre la loi et l'UE.

Une peur injustifiée

Mais, pour Robin Udry, l'essentiel reste à venir. Des débats contradictoires sont prévus dans les cantons et il attend de pied ferme le débat phare d'«Infrarouge» sur la «RTS» le 1er mai. «Pour l'instant, constate-t-il, le camp du oui fait peur aux gens en disant qu'un non serait catastrophique pour la Suisse à cause d'une dénonciation automatique des accords de Schengen. Nous contestons cette affirmation. Nous avons un avis de droit du professeur Etienne Grisel, qui montre qu'un non ne signifie pas l'exclusion automatique des accords, mais que ce résultat ouvre un processus de discussion entre la Suisse et l'UE. Il faut rappeler en passant que c'était le processus standard proposé par l'UE lors de la signature de l'accord sur Schengen-Dublin en 2004-2005.»

Signal d'alerte?

Cela suffira-t-il pour inverser la tendance favorable à la loi, cette majorité qui craint pour les accords de Schengen? Le secrétaire général espère que les gens verront au-delà de cette simple votation pour qu'elle serve de signal d'alerte: «En disant non, on permet au Conseil fédéral de renégocier cette directive. Par ailleurs, on ne peut pas envisager cette votation, et d'autres à suivre, en disant à chaque fois, si on dit non, on met en danger les accords de Schengen. Ce chantage ne peut pas s'installer durablement, c'est pour cela que nous parlons de diktat.»

Créé: 12.04.2019, 13h29

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