Lundi 25 mai 2020 | Dernière mise à jour 07:08

Escroquerie Un magouilleur vaudois de nouveau condamné

Un ancien notable du Chablais vaudois ne lésinait pas sur les mensonges pour parvenir à soutirer de grosses sommes d’argent à son entourage. Son recours est rejeté.

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La Cour d’appel vaudoise n’a pas cru aux derniers éléments apportés juste avant le début d’audience par le recourant, mercredi dernier. Déjà condamné à deux reprises pour deux affaires distinctes, l’ex-délégué économique au sein de l’association Aigle Région, dans le Chablais vaudois, vient de perdre son nouveau procès au Tribunal cantonal, à Lausanne. Les juges ont confirmé hier le verdict de première instance, soit 14 mois de prison ferme pour escroquerie par métier et faux dans les titres. Mais comme il avait déjà subi 14 mois de détention préventive, celle-ci couvrait sa peine de privation de liberté.

Soi-disant espionnés

Ce quinquagénaire nie pourtant avoir abusé d’une société à Aigle. Elle l’avait engagé en juillet 2011, après son licenciement, comme cadre supérieur, avant de lui réclamer environ 150 000 francs en 2012, dans une convention qu’il avait pourtant accepté de signer. Alors qu’il gagnait 14 000 francs par mois, il avait inventé de faux frais et de faux clients auprès de son nouvel employeur, à qui il prétendait que des agents secrets les espionnaient. Il avait déjà été reconnu coupable de faux dans les titres, car il avait produit des faux documents dans l’affaire Aigle Région, entre 2010 et 2011. Notamment afin de faire croire à son père qu’il était innocenté. Pour cela, l’individu avait imité la signature du procureur dans une décision bidon de non-lieu. C’est «finalement anecdotique», déclare son avocat devant les juges, car ça a été fait dans le seul but de rassurer son paternel, traumatisé par cette affaire judiciaire qui faisait grand bruit dans le Chablais. «Il n’osait plus sortir de chez lui», explique Me Pierre-Xavier Luciani. Mercredi passé, le procureur Olivier Jotterand a insisté, lors de son réquisitoire, sur la personnalité de l’inculpé: «Un menteur et un stratège, qui lance des affirmations étayées sur rien!» Et de citer le propre père du recourant: «Mon fils est un monstre magouilleur.»

Arrêté durant un enterrement

Le ministère public avait même dû lancer par le passé un mandat d’arrêt international à son encontre, car il avait disparu dans la nature. Ce n’est que lors de l’enterrement de son père en Suisse, en septembre 2016, qu’il a pu être arrêté, puis jugé en novembre dernier. Lors de ce procès de première instance, à Vevey (VD), l’inculpé avait aussi dû répondre d’abus de confiance au préjudice des membres de sa famille. Mais sa sœur avait finalement retiré sa plainte grâce à un accord sur un futur remboursement de 188 000 fr., fermant ainsi ce volet pénal. Quant à son père, il avait accepté de lui donner plus de 270 000 fr. grâce à divers motifs (lire les encadrés), et pour tenter d’éviter la vente aux enchères de la villa de son fils.

Lors de sa toute première condamnation, en septembre 2013, pour avoir détourné de grosses sommes d’argent au sein d’Aigle Région, le délinquant en série avait écopé de 2 ans de prison avec un sursis de 5 ans. Son avocat nous a indiqué hier que son client ferait certainement recours au Tribunal fédéral contre cette décision de justice.

Créé: 24.04.2018, 13h35

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