Lundi 18 mars 2019 | Dernière mise à jour 22:22

Lausanne Manif à Swiss Expo: «Ça va saigner!»

A la veille de la manifestation des antispécistes au salon bovin, certains exposants semblent prêts à en découdre. Les organisateurs de Swiss Expo se veulent toutefois rassurants.

En 2018, la manifestation devant le Palais de Beaulieu avait dérapé, des éleveurs s'en prenant aux militants antispécistes.

En 2018, la manifestation devant le Palais de Beaulieu avait dérapé, des éleveurs s'en prenant aux militants antispécistes. Image: Cyril Zingaro/Keystone

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Samedi 12 janvier s’annonce électrique devant la grand-messe agricole lausannoise. L’association Pour l'Égalité Animale (PEA) appelle ses sympathisants à manifester. En réponse, Ruben Ramchurn, vice-président de l’UDC du Jura Nord-Vaudois organisera «un barbecue de la liberté». Entre les plus belles tétines bovines, la tension est déjà palpable à Swiss Expo.

En amont du rassemblement de PEA, un groupe de jeunes agriculteurs annonce la couleur: «ça va saigner!» Plus loin, deux paysans déclarent: «il ne faudrait pas que les végans viennent nous chatouiller, nos pelles ne sont pas loin.» Pour André, boucher de formation et conseiller en vente, les manifestants nuisent à l’image de la Confédération. «Swiss Expo est un salon international. La Suisse est un pays renommé avec des normes de protection animale strictes. Les véganes viennent semer la zizanie ici et nuisent à notre pays.»

Méfiance et provocation

En discutant dans les rangs de la foire, un éleveur méfiant demande à voir notre carte de presse. Une fois présentée, il s’en ira, remonté, en nous accusant d’officier pour des médias véganes. André, lui, ne travaille sur le salon que jusqu’à ce vendredi. Adepte du franc-parler, il dit toutefois être prêt à revenir samedi pour soutenir les producteurs et se défendre, si besoin, contre ces «connards de véganes». Un peu plus loin dans la discussion, il concède qu’il préférera regarder le compte rendu des événements de loin dans les médias. «Il vaut mieux que je ne sois pas là. S’il y en a un qui me touche, je le démolis, il est mort.»

Fabien Truffer, porte-parole de PEA, réagit en déplorant qu’on accuse les militants de la cause animale de provocation pour justifier une quelconque violence. A ses yeux, il est normal de manifester in situ, «tout comme le feraient, sans reproche, des manifestants contre les armes devant un salon de l’armement ou des militants anti-mondialisation au plus proche du WEF.» PEA regrette que les lieux d’élevage et les abattoirs ne soient pas publics et relève un écart entre la perception des conditions d’élevage par la population et les conditions réelles, même lorsqu’elles respectent la loi. «Ce qui se passe derrière les murs est en réalité parfaitement choquant».

Certains professionnels du salon concèdent que, dans les emplois touchant à l’élevage, comme partout, il y a des «gâche-métier». Les exposants soulignent qu’il ne s’agit toutefois que d’une infime minorité et appellent à ne pas généraliser.

Mesures spéciales

L’association PEA compte briefer ses membres avant la manifestation afin qu’ils ne répondent à aucune éventuelle provocation. Fabien Truffer n’attend pas de violence émanant des quelque 60 participants escomptés par PEA. Il s’inquiète toutefois des propos agressifs entendus dans les couloirs de la foire.

Du côté de Swiss Expo, des mesures spéciales ont été prises afin d’éviter les débordements de 2018. Pour rappel, des oeufs et des bouteilles avaient été lancés par les agriculteurs sur les manifestants. Un contact a été pris avec les organisateurs des deux manifestations, PEA et Ruben Ramchurn. Le site de l’exposition a été renforcé par des barrières. La police a délimité des périmètres de manifestation clairs pour éviter les contacts trop directs. Marc-Henri Sauty, vice-directeur du salon, condamne les mots durs entendus et espère qu’ils ne resteront que des paroles en l’air.

(Le Matin)

Créé: 11.01.2019, 17h39

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