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Crise Maudet et sa police: le désamour

A son arrivée en 2012, il provoquait une standing ovation parmi ses troupes. Aujourd’hui, rien ne va plus entre le conseiller d’État Pierre Maudet et la police genevoise.

Hier, lors de l’assermentation de 35 nouveaux policiers, le conseiller d’État Pierre Maudet a rappelé à ses collaborateurs leur devoir d’exemplarité.

Hier, lors de l’assermentation de 35 nouveaux policiers, le conseiller d’État Pierre Maudet a rappelé à ses collaborateurs leur devoir d’exemplarité. Image: Christian Bonzon

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La criminalité baisse, la nouvelle école de police genevoise prête serment devant le Conseil d’État genevois. Pierre Maudet se félicite de ces bonnes nouvelles. Mais, derrière l’optimisme et les uniformes d’apparat, rien ne va plus entre le conseiller d’État genevois chargé de la police et ses troupes. Ou, plus précisément, avec les syndicats, sachant que 97% des policiers sont syndiqués. La crise est survenue un peu avant l’arrivée de la nouvelle loi sur la police, très combattue, puis finalement votée l’an dernier.

Puis, il y a eu la directive sur les horaires, la perte de salaire pour les policiers, la suppression des débours, le changement de matricule, l’abolition du mot gendarmerie, la nomination de beaucoup de chefs et on en passe. «Tout arrive un peu en même temps», constate un policier, n’hésitant pas à employer le mot de «révolution». Pour Sébastien Glauser, vice-président de l’Union du personnel du corps de police, «la situation est extrêmement tendue. La nouvelle loi sur la police coûte cher et, pour la faire fonctionner, on nivelle les salaires en faisant des économies sur le personnel de base. Le service à la population s’est détérioré.»

On accuse Pierre Maudet de vouloir tordre le cou aux syndicats qui, eux, ont passé à l’offensive depuis plusieurs mois en ayant décidé de nombreuses mesures (comme ne pas répondre au téléphone en congé, menacer de boycotter le rapport annuel de la commandante de la police, Monica Bonfanti, etc.), pas toujours comprises de la population.

Les rapports entre les syndicats et le conseiller d’État genevois sont à couteaux tirés, personne ne semble vouloir lâcher du lest. Derniers exemples en date? La suppression, lors de la formation des policiers, de l’heure de présentation des activités des syndicats de police. Ou encore la convocation, à venir, du président du groupe prison de l’UPCP à un entretien de service. La raison? Ce dernier a fait part de ses positions dans la presse et a participé à une manifestation en ayant préparé des calicots.

Pour l’avocat genevois Me Robert Assaël, qui défend le fonctionnaire en question, il s’agit là «d’une grave atteinte à la liberté d’expression et aux droits syndicaux». Me Assaël a le sentiment que «Pierre Maudet veut museler les syndicats, contrepoids pourtant indispensable dans un État de droit.» Et qu’en dit le principal intéressé? Pierre Maudet, visiblement, ne lâchera rien. «Être en possession d’une part d’autorité implique un devoir d’exemplarité», a répondu Pierre Maudet au «Matin».

Et d’ajouter: «Je discute régulièrement avec les syndicats. Mais l’exercice des droits syndicaux a aussi des limites et il m’appartient les faire respecter, notamment pour protéger la personnalité des collaborateurs.» (Le Matin)

Créé: 30.03.2017, 06h45


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