Vendredi 15 novembre 2019 | Dernière mise à jour 00:00

Test Menace terroriste en Suisse: un exercice de 52 heures

La Suisse saura-t-elle faire face à une menace terroriste durable ? Pour le savoir, 70 organisations vont s'exercer du 11 au 13 novembre.

L'exercice a pour thème une menace persistante, comprenant des attaques à l'encontre d'infrastructures critiques et de possibles attentats.

L'exercice a pour thème une menace persistante, comprenant des attaques à l'encontre d'infrastructures critiques et de possibles attentats. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La Suisse testera du 11 au 13 novembre durant 52 heures d'affilée si elle est prête à affronter une menace terroriste durable. L'exercice d'état-major qui mettra à contribution 70 organisations dans tout le pays vise à éviter les crises.

«Tout le monde sait que la Suisse est un pays sûr», a rappelé jeudi à la presse la ministre de justice et police Karin Keller-Sutter. Mais l'opération antiterroriste menée cette semaine dans les cantons de Berne, Zurich et Schaffhouse l'a montré: la menace existe et la radicalisation islamiste est au centre des préoccupations.

«Il ne s'agit pas de faire de l'alarmisme, mais l'exercice doit prévenir une crise», a précisé la conseillère fédérale. Mené dans le cadre du Réseau national de sécurité, il servira à évaluer la collaboration entre les différents organes de sécurité dans un contexte terroriste très tendu avec menace persistante, comprenant des attaques à l'encontre d'infrastructures critiques, du chantage et de possibles attentats.

Scénario très réaliste

Selon les autorités, le scénario prévu est des plus réalistes. Il a été affiné entre avril 2018 et septembre 2019 sous la forme de quatre rapports de situation remis aux participants de manière échelonnée afin qu'ils puissent adapter leurs plans et leurs stratégies à tous les niveaux avant l'étape suivante.

Baptisé Front de libération global, l'adversaire fictif qui attire tous les déçus du système s'en prend à la Suisse comme pôle du capitalisme. «Après plusieurs mois, on déplore déjà une trentaine de morts, 210 blessés et quatorze attentats ont été commis en Suisse», a détaillé Christian Varone, vice-président de la Conférence des commandants des polices cantonales.

Plusieurs problèmes ont déjà émergé de l'exercice, selon lui. Les forces de police savent prioriser les tâches pour faire face à des événements de grande ampleur sur une courte période, mais elles ont du mal à tenir sur la durée. Il faudrait augmenter l'effectif national d'environ 18'000 personnes. L'appui de la Confédération, notamment via l'armée, est aussi indispensable.

Maîtriser l'information

Autre difficulté, il faut à tout prix rassurer la population, ce qui exige une communication coordonnée. Le défi est de taille à l'ère des réseaux sociaux et des «fake news». La pression sur ce front sera immense dès le début, confirme Urs Hofmann, président des directeurs cantonaux de justice et police.

En matière de sécurité publique, les cantons sont souverains sur leur territoire, mais ils atteignent vite leurs limites, a constaté le conseiller d'Etat bâlois. Des décisions devant être prises rapidement, la coordination est décisive et peut vite sauver des vies.

Avant la chute du mur de Berlin, de grands exercices de défense étaient courants. Il n'y en a quasiment plus eu jusqu'en 2014, a rappelé le directeur de l'exercice 2019 Hans-Jürg Käser, ancien directeur bernois de justice et police. D'une échelle inégalée, l'édition 2019 ne sera pas visible pour le grand public, car elle se déroulera dans des bureaux avec une régie ad hoc à la caserne militaire de Berne.

L'opération n'aura que peu de coûts directs. Elle se traduira avant tout par une surcharge de travail et beaucoup d'heures supplémentaires pour les quelque 2000 personnes concernées des différents échelons politique, stratégique, opérationnel et judiciaire qui y participeront dans le cadre de leurs fonctions.

L'exercice s'aligne sur la stratégie de la Suisse pour la lutte antiterroriste élaborée il y a quatre ans par le Conseil fédéral, en collaboration avec les acteurs cantonaux. La prévention des crises est l'un des principaux domaines d'action de cette stratégie. Le rapport final qui exposera les enseignements tirés de l'exercice 2019 devrait être publié mi-2020. (ats/nxp)

Créé: 31.10.2019, 12h00

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.