Samedi 6 juin 2020 | Dernière mise à jour 22:22

Illégal Mendiants: des chiens pour faire fondre le passant

Des toutous sont importés, sans papiers ni vaccins, par des mendiants pour susciter l’empathie dans la rue. La police lausannoise est déjà intervenue plusieurs fois.

Il y a quelques jours encore, un Rom demandait de l’argent, à la rue du Grand-Pont, pour son petit chien attendrissant.

Il y a quelques jours encore, un Rom demandait de l’argent, à la rue du Grand-Pont, pour son petit chien attendrissant. Image: Le Matin

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«J'observe depuis des mois la présence de plus en plus fréquente de chiens avec des Roms qui mendient dans la rue, et je souffre en pensant aux conditions de transports, depuis la Roumanie, et de vie que ces animaux subissent probablement.» Ce témoignage émane d’une amie des bêtes qui se sent désemparée face à une situation quasi quotidienne, connue également de la Société vaudoise protectrice des animaux et de la police lausannoise. «Mais ils m’ont dit ne rien pouvoir y faire», indique notre lectrice.

Vendus de main à main

Le phénomène semble s’être implanté dans la capitale vaudoise. Des mendiants originaires des Balkans battent le pavé avec de ravissants toutous en laisse. «S’il vous plaît, donne-moi 10 francs pour nourrir le chien» est désormais un refrain connu des piétons au centre-ville. Et, selon nos sources, il est même arrivé que des cabots soient vendus de main à main, dans la rue, sans autres vérifications. Une dame a ainsi acheté un américain staff gris quelques centaines de francs il y a peu. Une autre nous raconte avoir demandé à des Roms, qui traînent pendant la journée vers la place Bel-Air, si la jolie boule de poils qui les accompagnait était à vendre: «Ils m’ont alors demandé 800 fr. pour la transaction, mais j’ai refusé.»

Pourtant, la loi fédérale sur les épizooties (maladies animales) prévaut en Suisse, avec des conditions strictes d’importation et des vaccins obligatoires, notamment. Chef cantonal des affaires vétérinaires vaudoises, Giovanni Peduto confirme que son service a déjà dû enquêter et intervenir dans plusieurs cas. «La plupart des contrôles effectués démontrent que les exigences sanitaires sont respectées, précise-t-il. Cependant, certains chiens ne remplissaient pas, en effet, les conditions sanitaires requises et ont dû être mis en quarantaine à la fourrière.»

Quant à d’éventuelles maltraitances que ces animaux importés en Suisse romande pourraient subir, le vétérinaire cantonal précise que plusieurs paramètres sont à prendre en compte, comme les conditions de transport et d’hébergement, et les soins donnés. Il admet toutefois que des manquements dans les conditions de transport ou d’hébergement ont été constatés dans quatre cas dénoncés en 2017. Quant aux chiens séquestrés l’an dernier, ils ont été mis en quarantaine, et certains d’entre eux ont pu être replacés, explique Giovanni Peduto, qui précise encore qu’il n’y a pas de procédures en cours cette année.

Filière internationale?

Peut-on dès lors craindre une filière organisée de Tsiganes des pays de l’Est, spécialisée dans le trafic illégal de chiens pour accompagner les mendiants dans les rues ou pour être revendus? «Pour cela, il faudrait considérer la problématique au niveau international, ce qui n’est pas possible pour l’autorité cantonale que nous sommes», déclare le chef de service Giovanni Peduto, qui dénombre un seul cas avéré d’une telle vente illégale par des Roms en 2017 à Lausanne.

Sollicitée à ce sujet, la police du canton de Genève (où la mendicité est interdite officiellement) affirme ne pas avoir observé un tel phénomène. Et le Département genevois de la santé n’a enregistré qu’un cas de suspicion de vente de chien illégale annoncé par la police municipale en 2017.

Créé: 05.04.2018, 07h31