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Genève Meurtre d'Adeline: le centre de la Pâquerette avait pris trop de liberté

La trop grande autonomie prise par le centre est critiquée dans le rapport la Commission d'enquête parlementaire (CEP) publié mercredi.

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A Genève, la commission d'enquête parlementaire (CEP) a déposé son rapport sur les dysfonctionnements institutionnels qui ont mené à l'assassinat d'Adeline. La Pâquerette avait pris trop de libertés et ignoré les signaux d'alarme.

«Notre travail n'était pas de désigner des responsables», a souligné mercredi devant les médias le député UDC Thomas Bläsi, coauteur du rapport avec son collègue socialiste Roger Deneys. La CEP n'a voulu écarter aucune piste et ne s'est pas focalisée sur un service de l'Etat en particulier, comme ont pu le faire d'autres rapports sur le drame.

Le rapport de près de 200 pages constate toute une série de dysfonctionnements au sein de l'administration, à différents niveaux, qui a permis au violeur récidiviste Fabrice A. d'égorger sa sociothérapeute lors d'une sortie accompagnée, le 12 septembre 2013. Il édicte aussi de nombreuses recommandations afin d'éviter qu'une telle tragédie ne se reproduise.

Trois ans de travaux

Constituée au printemps 2015, la CEP a eu besoin de trois ans de travaux avant de déposer son rapport lundi. «Nous avons parfois eu accès tardivement à certains documents», s'est justifié son président, le MCG Jean-Marie Voumard. Les commissaires estiment que l'attente n'a pas été inutile. Des éléments sur l'affaire ne figurent dans aucun autre rapport.

Le CEP a notamment décortiqué le fonctionnement de La Pâquerette, le centre de réinsertion de détenus dangereux où travaillait Adeline, et qui était situé au sein de la prison de Champ-Dollon. Le rapport retrace toute l'histoire de l'unité et relève qu'au fil du temps, la structure s'est déconnectée du reste de l'administration.

La Pâquerette était sous l'autorité du secrétariat général des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) depuis 2007. Jamais personne ne s'est posé la question de la pertinence d'un tel rattachement, s'est étonné M. Deneys. Or, cette organisation empêchait une supervision médicale du centre.

Au mauvais endroit

Le fait que La Pâquerette se trouvait à l'intérieur de la prison de Champ-Dollon posait aussi problème. L'unité était tiraillée entre deux administrations, l'une exigeant le respect des règles de sécurité en milieu carcéral, l'autre militant pour un environnement moins rigide et surveillé.

L'histoire de La Pâquerette a été faite de cycles, a relevé M. Bläsi. «A un drame suivait une réflexion, et il fallait attendre un nouveau drame pour avoir une nouvelle réflexion», a-t-il expliqué. Pour la CEP, le fonctionnement du centre de sociothérapie n'était pas aussi «idyllique» que certains ont voulu le dire.

Des incidents pas anodins

Certains incidents au sein de la structure auraient mérité d'être mieux analysés, a noté M. Bläsi. Ils préfiguraient pourtant le drame qui allait arriver, a-t-il souligné. Des personnes avaient tiré la sonnette d'alarme, notamment en matière de sorties accompagnées, mais il n'a pas été tenu compte de leur avis.

Avant celui de la CEP, quatre autres rapports ont déjà été rédigés après l'assassinat d'Adeline. Deux ont été faits à la demande du gouvernement genevois, un autre, des HUG, portait sur la directrice de La Pâquerette et enfin le dernier concernait la directrice du Service d'application des peines et des mesures (SAPEM).

Pour le Conseil d'Etat, le rapport de la CEP confirme ceux établis en octobre 2013 et en février 2014, à sa demande, par l'ex-ministre Bernard Ziegler et dont les recommandations se rejoignent. «Les mesures concrètes nécessaires ont été prises rapidement et déploient leurs effets, notamment pour ce qui est de l'évaluation des détenus dangereux», a souligné mercredi le conseiller d'Etat Pierre Maudet. (ats/nxp)

Créé: 18.04.2018, 11h08

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