Lundi 6 avril 2020 | Dernière mise à jour 14:02

Romandie Des militants à l'assaut des géants des matières premières

Le mouvement écologiste Extinction Rebellion a occupé le siège genevois de Cargill ce lundi. D'autres actions ont été menées ailleurs en Romandie.

L'opération d'Extinction Rebellion devant les locaux de Mercuria, à Genève.

L'opération d'Extinction Rebellion devant les locaux de Mercuria, à Genève. Image: Sébastien Anex

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Des petits groupes d'activistes du mouvement Extinction Rebellion se sont donné rendez-vous ce lundi aux alentours de 7 h à différents endroits de Lausanne. But de l'opération? Secret défense. La consigne? «On se fait passer pour une entreprise en sortie de team building.» C'est finalement vers le parking P+R de Vennes qu'une cinquantaine de militants ont convergé aux alentours de 8h, prenant place à bord d'un bus affrété par l'organisation. La destination était alors encore inconnue pour la plupart. L'autocar s'est finalement engagé sur l'autoroute vers l'Ouest. Au total, cinq convois similaires auraient été mis en place.

Au détour d'une feuille mal rangée par une porte-parole, l'objectif du jour a filtré pour une ou deux personnes. Le but de l'équipage de ce car? Bloquer le siège de Cargill, à Genève. Une société employant plus de 400 personnes notamment active dans le commerce des céréales et du transport maritime.

La Suisse comme «plaque tournante»

Extinction Rebellion reproche à Cargill son opacité et ses opérations qui auraient «un impact environnemental néfaste énorme». La porte-parole du mouvement confie en chuchotant: «Le but de l'opération est de mettre en lumière cette opacité, notamment concernant la déforestation en Indonésie. On ne le sait que trop peu en Suisse, mais notre pays est une plaque tournante du négoce de matières premières, dont l'extraction est extrêmement polluante.»

À 25 km de Genève, le bus est venu se rajouter aux bouchons autoroutiers. Assise à l'arrière, Marie, 22 ans, militante d'Extinction Rebellion depuis septembre 2019, est contente de participer à l'action et d'aller au-delà des petits gestes quotidiens. «La désobéissance civile permettra une prise de conscience, de faire bouger les choses au niveau de l'État, même si cela peut paraître trop brutal pour certains.»

Actions simultanées

L'occupation des locaux du géant de l'agroalimentaire a débuté aux alentours de 9h30. Une activiste s'est lancée dans un discours dénonçant les pratiques de Cargill. Un employé de l'entreprise a rétorqué: «Arrêtez de parler, personne ne vous écoute. La police va venir vous sortir». Les policiers sont effectivement arrivés rapidement, mais calmement sur place. Vers 10h20, la plupart des militants ont évacué les lieux, craignant d'être arrêtés.

Sortie du site de Cargill

D'autres actions ont été menées simultanément en Romandie. À Genève, les bureaux des entreprises Vitol et Mercuria ont également été la cible d'activistes. Sur Twitter, Extinction Rebellion a indiqué avoir aussi bloqué l'entreprise de fret pétrolier IFCHOR, à Lausanne.

La police est intervenue sur les différents sites. La plupart des locaux ont été évacués dans le calme avant midi.

Dans un communiqué, le mouvement écologiste explique vouloir mettre en lumière le «commerce des matières premières», dont la Suisse serait «l'une des plaques tournantes au niveau mondial». Extinction Rebellion dénonce ainsi la «grande opacité» régnant sur ce secteur, dans lequel« plus de 500 entreprises établies en Suisse» seraient actives.

«[Ces entreprises] brassent des milliards en achetant et revendant des matières premières à tours de bras [...] Une richesse pour notre économie? Non, car ces société ne paient quasiment pas d'impôts étant donné que la majeure partie de leurs transactions sont faites à l'étranger», fustige le communiqué.

A 11h30, certains militants occupaient toujours les bureaux de Vitol. Postés à l'extérieur, d'autres activistes d'Extinction Rebellion allaient d'un endroit à l'autre, en attendant des instructions. «On s'attendait à quelque chose de plus spectaculaire» indiquent-ils. Tout comme les nombreux journalistes et photographes présents.

Peu après 12h, la majorité des membres d'Extinction Rebellion se réunissait au Jardin anglais pour remonter dans les cars, sous escorte policière. Retour à la case départ à Lausanne.

SBX/J.Z

Créé: 17.02.2020, 09h59

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