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Initiative Minder La décision de Vasella n'influera pas sur le vote du 3 mars

Le renoncement de Daniel Vasella à sa clause de non- concurrence ne devrait pas inverser la tendance en faveur de l’initiative contre les salaires abusifs, de l’avis des partis politiques. Le président de Novartis a cédé aux pressions de la rue, selon la droite, à celles d’economiesuisse, selon le PS.

«Les dégâts sont faits», constate le président du PDC Christophe Darbellay (à gauche). Pour le président du PS Christian Levrat (à droite), seul un changement des règles en vigueur permettra d’éviter de tels cas à l’avenir

«Les dégâts sont faits», constate le président du PDC Christophe Darbellay (à gauche). Pour le président du PS Christian Levrat (à droite), seul un changement des règles en vigueur permettra d’éviter de tels cas à l’avenir Image: Keystone

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Les années de Daniel Vasella à la tête de Novartis

Les années de Daniel Vasella à la tête de Novartis Daniel Vasella remet son mandat de président et quitte Novartis. Retour sur ses années de règne à la tête de la multinationale bâloise.

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«Les dégâts sont faits», constate Christophe Darbellay. Inverser la tendance en faveur de l’initiative contre les salaires abusifs sera très compliqué, précise le président du PDC, qui ne veut pas cependant sous-estimer l’importance des derniers jours de campagne et garde espoir.

Ses homologues de l’UDC, du PLR, du PS et du PBD ne croient pas non plus que ce retournement ait des conséquences sur la votation du 3 mars. La décision de M.Vasella «n’aura pas de grosse influence sur le vote», se limite à répondre Toni Brunner, le président de l’UDC refusant pour le reste de commenter «une décision personnelle».

Le ministre de l’économie Johann Schneider-Ammann n’a pas non plus voulu s’exprimer mardi sur ce recul, alors qu’il avait jugé l’accord de la semaine passée «déplaisant». Davantage critique il y a quelques jours, Simonetta Sommaruga estime que cette «réaction tardive ne change rien au fait que le conseil d’administration de Novartis avait approuvé un tel accord à 72 millions».

Le mal est fait

PLR et PS s’accordent à dire que cette affaire prouve l’échec du système actuel. Mais le président du PS milite pour l’initiative de Thomas Minder alors que celui du PLR plaide en faveur du contre- projet indirect.

«Le peuple est déjà convaincu depuis longtemps de la nécessité de changer le système en place», selon Christian Levrat. Le président du PS souligne l’importance de mettre fin aux pratiques de ce qu’il nomme un «cartel de 200 à 300 personnes qui se servent librement dans la caisse de leur entreprise». Seul un changement des règles en vigueur permettra d’éviter de tels cas à l’avenir, affirme le sénateur fribourgeois.

Pression de la rue trop forte

«Ce cas démontre qu’il est urgent d’agir pour réformer un système autorisant le versement d’enveloppes démesurées», renchérit Philipp Müller. «Nous devons à l’avenir éviter de nouveaux Vasella», ajoute le président du PLR qui considère comme insignifiant le fait que Daniel Vasella renonce à ses 72 millions ou les consacre à des dons. Selon lui, le mal est déjà fait.

Rejoints par Thomas Minder lui-même, tant le PLR que le PDC et le PBD imputent à la rue le renoncement de Daniel Vasella aux 72 millions prévus dans la clause de non-concurrence. La pression publique est simplement devenue trop forte, le peuple a fait plier le président sortant de Novartis, se réjouit Thomas Minder qui «s’incline devant la révolte du souverain».

Réactions des milieux bourgeois

Pour le président du PDC, Daniel Vasella n’a cédé à aucune pression des milieux politiques ou économiques. «Il n’en a en tous cas pas subi de ma part, ni de personne si ce n’est celle de la rue. Je le connais: il est assez intelligent pour faire son auto-critique tout seul avec son conseil d’administration», a dit Christophe Darbellay à l’ats. ... et d’economiesuisse

Son homologue du PLR est moins affirmatif. La pression de l’opinion publique a contribué de façon décisive à la décision de M. Vasella, déclare Philipp Müller, sans cacher toutefois que «les réactions des milieux bourgeois ont également eu une certaine influence». Pour Christian Levrat, il est clair qu’economiesuisse a exercé une «forte pression».

Un revers dans la campagne contre l’initiative

«La pression de l’économie, des politiques et des actionnaires n’est pas restée sans effets», admet d’ailleurs Pascal Gentinetta. Pour le directeur de la Fédération des entreprises suisses, Novartis aurait pu renoncer plus tôt à verser 72 millions de francs à son président sortant. Selon Pascal Gentinetta, la polémique constitue un revers dans la campagne contre l’initiative.

Sans vouloir indiquer si les critiques publiques de l’association patronale qu’il dirige ont directement influencé M. Vasella, le directeur d’economiesuisse relève que, dans le contexte de l’initiative du 3 mars, Novartis et son patron auraient déjà dû réagir vendredi passé. «Un renoncement immédiat aurait représenté un avantage», concède-t-il. Actionnaires divisés

Actionnaires divisés

La décision de M.Vasella divise jusqu’aux actionnaires. Ainsi Actares demeure opposé à accorder la décharge au conseil d’administration vendredi à l’occasion de l’assemblée générale de Novartis. Il reproche le manque de transparence des administrateurs. Saluant au contraire l’annulation du contrat de Daniel Vasella, la Fondation Ethos recommande d’accorder la décharge.

La pression publique est simplement devenue trop forte, relève Thomas Minder dont l'initiative a bénéficié de l'annonce de cette clause de non-concurrence la semaine dernière. Le peuple a fait plier le président sortant de Novartis, se réjouit le conseiller aux Etats indépendant qui «s'incline devant la révolte du souverain».

Mais la décision de Daniel Vasella de renoncer à sa clause de non-concurrence à 72 millions représente pour lui un «gros point d'interrogation», car on ne peut pas renoncer à quelque chose auquel on n'a pas droit.

«La tentative de Daniel Vasella de 'jouer les Winkelried' n'a vraiment pas eu de succès», ajoute Thomas Minder. Selon lui, il n'est pas nouveau que de tels patrons se rétractent soudain quand la pression croît. C'est pourquoi la décision de Daniel Vasella ne surprend pas le moins du monde l'industriel schaffhousois. (ats/nxp)

Créé: 19.02.2013, 13h08


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