Lundi 25 mai 2020 | Dernière mise à jour 05:19

Bienne Mohamed Hamdaoui: démission fracassante!

Le parlementaire socialiste voulait porter à Bienne son combat pour l’intégration. Las! Son parti n’a pas voulu de lui.

Évincé au sein de son parti pour la course au Conseil national, Mohamed Hamdaoui a décidé de claquer la porte du PSR.

Évincé au sein de son parti pour la course au Conseil national, Mohamed Hamdaoui a décidé de claquer la porte du PSR. Image: DR

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Son comportement en a fait un modèle d’intégration, statut renforcé à Bienne par son engagement politique.

Ancien journaliste parlementaire d’origine algérienne, le socialiste romand Mohamed Hamdaoui est un musulman modéré qui boit des bières, n’accepte pas le voile imposé aux fillettes et prend le contre-pied d’un Tariq Ramadan. Son parcours et sa personnalité l’ont placé au sein du Forum des 100, ces cent personnalités qui selon «Le Temps» font la Suisse romande. Las! Son parti ne veut pas de lui pour le Conseil national.

Jeudi dernier, Mohamed Hamdaoui a été évincé par une assemblée clairsemée qui lui a préféré un ticket conforme à l’inamovible parité homme/femme: le conseiller municipal Cédric Némitz et la députée bernoise Samantha Dunning. Leur défaut respectif: une ambition vorace pour le premier, confronté à l’interdiction du double mandat, et une visibilité modeste pour la deuxième, qui ne débat guère dans l’arène médiatique.

Lot de consolation

Son parti lui a fait miroiter une hypothétique place en cas de désistement d’un candidat d’une autre région. Un lot de consolation qui n’a fait qu’enfoncer le clou: «Il n’y pas de place pour moi dans l’ascenseur, mais je peux attendre au bas de l’escalier. C’est indécent quand je pense à tout ce que j’a apporté à mon parti», indique Mohamed Hamdaoui. Sa réaction est une bombe politique locale: «Je démissionne de mon parti!», a annoncé le parlementaire vendredi matin.

«Nous choisissons toujours un homme et une femme», a expliqué la co-présidente du PSR Christiane Vlaiculescu-Graf au «Journal du Jura». Comme deux hommes se présentaient, élection il y a eu. «Les membres du parti présents jeudi ont choisi démocratiquement qui figurerait sur cette liste», estime la co-présidente.

Essayer de redonner

Cette explication n’a pas fait retomber l’émotion, tans le parcours de Mohamed Hamdaoui en fait un socialiste à part. «Je voulais essayer de redonner à ma ville, Bienne, et à mon pays, la Suisse, un peu de ce qu’ils m’avaient donné: la possibilité de lire et écrire, imparfaitement, de marcher, encore plus imparfaitement, et tout le reste: me battre à mon tout petit niveau pour que nous puissions conserver un certain niveau de vie et de liberté», a-t-il écrit pour expliquer son entrée en politique il y a huit ans, lui qui souffre de la polio.

Candidat au Conseil municipal, il s’était désisté au profit d’une femme et s’était retrouvé à la présidence de son parti. «Terrible constat a posteriori: quand j’étais au bord du gouffre et ne pesais plus que 48 kilos, aucun de mes camarades n’étaient venu à mon chevet - sauf certains, pour me demander de démissionner. Mais des personnes d’autres partis, si. Pour m’apporter des chocolats».

«La laïcité, bordel!»

Son credo? «Je m’étais aussi engagé en politique pour deux autres causes: défendre la laïcité, bordel! Etre laïque ne signifie pas être contre les religions ni ceux qui les pratiquent, mais fixer certains cadres. Dans mon parti, quelques-uns n’ont pas voulu me comprendre. Je le déplore», poursuit Mohamed Hamdaoui, qui sans combattre avait laissé Cédric Némitz se présenter au Conseil municipal.

Son combat politique le plus médiatisé a pour cible l’islamisme. «Je m’étais aussi engagé en politique pour faire en sorte que ces salopards qui ont brisé ma vie ne s’implantent pas ici», explique Mohamed Hamdaoui, Dans son Algérie natale, son amoureuse a été décapitée par des islamistes.

Le seul «bronzé»

Le PS soutient-t-il la diversité uniquement sur le papier? Cette interrogation explique la démission de Mohamed Hamdaoui, qui se définit lui-même comme le seul «bronzé» du Conseil de Ville de Bienne (60 membres) et du Grand Conseil bernois (160 membres). Sur son profit Facebook, sa démission est regrettée: «Il y a encore des politiciens intègres», écrit l’un. «Vous êtes peut-être trop honnête et pas assez magouilleur», écrit un autre.

«Alors Momo! Ne baisse pas les bras!», supplie un troisième. Samedi, Mohamed Hamdaoui avait la ferme intention de se présenter à l’élection du Conseil national. Avec quel soutien? Cette incertitude n’est pas encore levée.

Créé: 04.11.2018, 16h21

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