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Manif sauvage Monica Bonfanti fragilisée

La cheffe de la police genevoise est chahutée depuis les débordements de ce week-end. Une page Facebook appelle à sa démission.

Une page Facebook appelle à la démission de Monica Bonfanti, cheffe de la police genevoise.

Une page Facebook appelle à la démission de Monica Bonfanti, cheffe de la police genevoise. Image: Keystone

Fragilisée, la cheffe de la police genevoise devrait-elle se retirer?

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«Je vous interdis de dire que nous avons été débordés par les manifestations de cette nuit.» Cette phrase, devenue quasi culte depuis dimanche soir, Monica Bonfanti l’a prononcée sur les ondes de la RTS. Un ton péremptoire et sans concession, il n’en faut pas davantage pour que la cheffe de la police genevoise soit bousculée après la mise à sac intervenue dans la nuit de samedi à dimanche. Sur les 500 manifestants sauvages, issus des milieux de la culture alternative de la cité, une cinquantaine ont passé à l’acte. Face à eux, seulement trente policiers auraient été dépêchés sur place. Et n’ont pas pu éviter ni les tags sur les bâtiments, ni la destruction de vitrines, ni le pillage de certains commerces. Exactions commises par une jeunesse en colère, libre, aucune arrestation n’étant intervenue lors de ces débordements.

A ce poste depuis neuf ans, la brillante criminologue, experte en sciences forensiques, est désormais dans le viseur d’un profil Facebook à l’intitulé court et clair: «Bonfanti démission». Derrière cette communauté, deux Romands anonymes, ulcérés et très bien rancardés par les milieux policiers et sécuritaires du canton. Via FB, ils tentent l’électrochoc: «C’est le deuxième couac en peu de temps avec le relèvement de l’alerte terrorisme. Elle fait preuve de mépris, d’arrogance et d’une absence de remise en question incroyable. Elle traite les choses et les gens avec une certaine suffisance. C’est l’image de toute la République qui est ridiculisée. Ces casseurs de la Gauche anarchiste, quand seront-ils poursuivis? Pierre Maudet (ndlr: conseiller d’Etat en charge du Département de la sécurité et de l’économie ) est plus nuancé.

Arrogance et suffisance

» C’est elle qui a complètement sous-évalué la situation. Est-elle apte à des missions de terrain et à des données d’ordre en lien? Les citoyens ne sont pas dupes et ne se satisfont plus des réponses arrogantes de Mme Bonfanti. Sa démission semblerait logique. Elle n’est même pas capable de reconnaître la moindre faute.» Les deux facebookeurs attaquent frontalement. Facilement. Leur moyen à eux de faire la politique, admettent-ils. Certains posts, dont celui d’un policier engagé samedi soir, sont virulents et même inquiétants: «Nous n’avons rien pu faire car notre état-major nous l’interdisait!!!»

Malmenée, la principale intéressée ne pourra pas nous parler. Pas beaucoup mieux, son boss, le conseiller d’Etat PLR Pierre Maudet, nous envoie un courriel signé de sa porte-parole: «Je n’ai aucun commentaire à faire sur une pratique qui désigne des coupables avant même d’être en possession de tous les éléments. J’ai immédiatement demandé un rapport à la cheffe de la police. J’attends ce document dans le courant de la semaine.» Autrement dit, l’élu soutient Monica Bonfanti jusqu’à plus ample informé. Tandis que la justice genevoise a ouvert une procédure pénale pour émeute.

Du côté du Syndicat des gendarmes genevois, le débat se situe ailleurs. Son président, Marc Baudat, se dit fier de ses membres, dont trois ont été blessés et hospitalisés en ambulatoire. «Face à 500 manifestants, si ça se passe bien, 10 à 30 policiers suffisent. Si ça se passe mal, il faut multiplier par 5 ou 10. Malheureusement, nous sommes sous pression. C’est la psychose des heures sup avec le politique, précise le syndicaliste. Dans ce contexte et celui de la vigilance relevée, la police a fait au mieux avec les effectifs qu’elle avait.» Concernant leur cheffe? «Mme Bonfanti ne peut pas être partout. Son bilan est excellent ces dernières années.»

Qui n’a pas donné l’ordre?

Eric Stauffer, lui, est très en colère et exige des réponses. Le bouillonnant président du MCG dont le commerce a été une fois encore la cible de «quelques crétins boutonneux» veut «savoir qui n’a pas donné l’ordre. Comment une poignée de jeunes imbéciles a pu mettre la ville à sac sans arrestations ou confinement? Le vrai nid à frelons, c’est l’Usine. Et Pierre Maudet n’a pas le courage de fermer.»

Et cette question qui revient en boucle. Si Genève ne peut pas gérer les pavés, les sprays et les marqueurs, comment ferait-elle face à des kalachnikovs?

Créé: 22.12.2015, 06h38

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