Dimanche 23 septembre 2018 | Dernière mise à jour 23:44

Insolite Tous les musées veulent le dahu

L’animal imaginaire naturalisé à La Chaux-de-Fonds est très demandé par les musées étrangers. Retour sur un phénomène.

Collaborateur scientifique du Musée d’histoire naturelle, Nicolas Margraf bichonne le dahu de La Chaux-de-Fonds.

Collaborateur scientifique du Musée d’histoire naturelle, Nicolas Margraf bichonne le dahu de La Chaux-de-Fonds. Image: Jean-Guy Python

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Sa dernière escapade a duré plus de quatre mois: le dahu naturalisé au Musée d’histoire naturelle de La Chaux-de-Fonds (MHNC) a été exposé du 24 juin au 5 novembre au château de Champlitte, en Haute-Saône, par le Musée départemental Albert et Félicie Demard et le Musée de la chasse et de la nature de Paris. «C’est sans doute notre spécimen le plus voyageur», sourit Nicolas Margraf, collaborateur scientifique du Musée d’histoire naturelle.

Les trois créatures prêtées au château de Champlitte (F) sont revenues à La Chaux-de-Fonds.

Exposé entre des lièvres, des cerfs, des panthères et des alligators, le dahu faisait bonne figure dans le catalogue d’exposition. Pas un dahu mais deux: une version squelette et une version fourrure, présentée pour la première fois au public en 1995. Le troisième larron est un wolpertinger, un animal imaginaire des forêts et des Alpes bavaroises offert au musée par l’animatrice Lolita Morena. Valeur douanière estimée pour ces trois naturalisations: 3000 francs la pièce.

Wolpertinger: Pourvu d’ailes, de bois et de canines, ce «lièvre à bois» est apparenté au castor.

Patrimoine «spécifique»

Le dahu ? Ses caractéristiques morphologiques sont décrites ainsi: «Adapté à la marche à flanc de coteau grâce à des pattes plus longues d’un côté que de l’autre, il possède un patrimoine génétique bien spécifique.» Le spécimen chaux-de-fonnier est un Dahutus montanus calcifondensis, dont les pattes droites sont plus courtes que les gauches parce qu’il se déplace sur des pentes inclinées à droite…

Particularité: Le dahu dans sa version «squelette» avec ses pattes droites bien plus courtes que les gauches.

Quelle est l’origine de cette supercherie qui s’inscrit dans la longue tradition des chimères ? «Des traditions locales évoquent la chasse au dahu pour jouer un tour au «niais du village», lit-on dans le catalogue de l’exposition «Chassé-croisé». Le principe de cette chasse veut que des rabatteurs complices fassent du bruit avec des bâtons pour effaroucher l’animal, tandis que le dindon de la farce attend en vain avec son sac sa chute…

C’est l’ancien conservateur du Musée d’histoire naturelle Marcel Jacquat qui connaît le mieux l’animal pour y avoir consacré une monographie «ethno-étho-biologique» le 1er avril 1995. «Organiser une exposition et publier une brochure sur un sujet pareil semble manquer de rigueur à première vue. Mais le sourire n’est-il pas indispensable, même dans les institutions les plus sérieuses ?» interrogeait-il à une époque pas si lointaine.

De Lausanne à Monaco, le dahu chaux-de-fonnier a beaucoup voyagé. Mais il n’est plus visible dans sa commune d’origine: victime de coupes budgétaires, le Musée d’histoire naturelle est fermé jusqu’à nouvel avis. (Le Matin)

Créé: 03.01.2018, 10h33

Contact

Service clients

Abonnement et renseignements
Nous contacter
lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
Adresse postale:
Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.