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Mer La navigatrice Dona Bertarelli nommée conseillère à l'ONU

La Genevoise, sœur d'Ernesto Bertarelli, a reçu un mandat pour travailler à une exploitation raisonnable des océans.

La navigatrice la plus rapide autour du monde a toujours défendu les océans.

La navigatrice la plus rapide autour du monde a toujours défendu les océans. Image: Keystone

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La navigatrice genevoise Dona Bertarelli veut convaincre que préservation des océans et croissance économique sont possibles. Elle a été nommée mardi conseillère de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) pour l'économie bleue par le secrétaire général de l'ONU . Elle appelle la Suisse à œuvrer.

Dona Bertarelli, entrepreneure, est la navigatrice la plus rapide autour du monde à la voile et fervente défenseure des océans. Pour elle, le mandat auprès de la CNUCED pour garantir une exploitation responsable des océans, des mers et des côtes, semble évident, alors que l'eau recouvre environ deux tiers des surfaces terrestres. «L'air que nous respirons, la nourriture que nous mangeons et l'eau que nous buvons viennent de cet écosystème qui régule le climat», dit Dona Bertarelli dans un entretien à Keystone-ATS.

Des écosystèmes marins indispensables

Elle fait également le lien avec la crise actuelle liée au Coronavirus, en s'appuyant sur les analyses récentes de certains scientifiques. «Sans cette biodiversité, nous sommes confrontés aux menaces comme la pandémie», dit-elle. Les écosystèmes marins sont également indispensables pour le quotidien de trois milliards de personnes, la plupart dans les pays en développement.

Mme Bertarelli est convaincue qu'une reprise économique mondiale ne peut se faire qu'avec un plan de préservation des océans. «Pendant trop longtemps, on n'a pas concilié les deux. Il y avait les activistes d'un côté et les économistes de l'autre», dit-elle. «Les scientifiques nous montrent qu'on peut et doit les concilier. Il ne faut pas les opposer mais les réunir».

Millions de km2 préservés depuis dix ans

D'autant plus que le coût de l'investissement dans la biodiversité sera largement inférieur, selon elle, à celui des effets de la pandémie. Cette crise du Coronavirus a des répercussions «très importantes» dans des pays comme la Suisse, alors celles des restrictions des transports et des confinements dans les pays en développement sont «dévastatrices», dit-elle.

Tous les segments de l'économie bleue sont affectés. Mais dans le même temps, les populations y voient aussi la possibilité d'une «reprise plus durable», ajoute Mme Bertarelli.

Depuis dix ans, la Genevoise dirige les efforts de promotion des politiques de préservation marine et de la protection des océans au sein de la Fondation Bertarelli. L'institution a soutenu la protection et la préservation de près de 2,8 millions de km2 d'océans, un travail qui prend parfois des années. Cette expertise l'a convaincue de l'importance de travailler avec les populations. «Les gouvernements ne feront rien si la communauté locale ne soutient pas la conservation de son milieu marin», ajoute-t-elle.

Elle veut en discuter avec Simonetta Sommaruga

Un message qu'elle veut aussi relayer auprès du Conseil fédéral et des Suisses. «Nos océans sont menacés. Nous sommes tous concernés», dit-elle. «Les Suisses doivent se préoccuper de la situation dans des pays comme l'Indonésie» et d'autres parce que les conséquences sont ressenties partout.

Dona Bertarelli demande à chacun de faire un effort en achetant par exemple les poissons locaux et en réduisant l'usage des plastiques ou les émissions de CO2. Le Conseil fédéral doit accompagner la population et a aussi un rôle «primordial» à mener sur la scène internationale sur ces questions, dit-elle. Elle souhaite en discuter avec la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga.

Un label bleu

Selon la CNUCED, l'exploitation durable des ressources océaniques peut aider les pays en développement à lancer des emplois, réduire la pauvreté et relever les défis de la sécurité alimentaire et énergétique, tout en préservant la diversité des océans. L'agence onusienne contribue à assister ces États et un label «BioTrade» bleu a été établi.

Depuis plusieurs années, la CNUCED appelle à mettre un terme à la pêche illégale, non déclarée et non réglementée. Près de 90% des stocks de poissons marins sont exploités. Des discussions pour éliminer les subventions aux pratiques illégales n'ont toujours pas abouti à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) entre les pays membres. (ats/Le Matin)

Créé: 02.06.2020, 14h38

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