Mercredi 19 juin 2019 | Dernière mise à jour 08:28

Genève «Nous refusons ce modèle d'entreprise sans foi ni loi»

Les députés genevois exigent l'arrêt de travaux d'un énorme chantier des TPG, visé par des accusations de sous-enchère salariale.

Les soupçons de sous-enchère salariale du chantier des TPG ont été révélés par les syndicats.

Les soupçons de sous-enchère salariale du chantier des TPG ont été révélés par les syndicats. Image: Keystone

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Le Grand Conseil genevois a unanimement demandé l'arrêt des travaux d'électricité sur le chantier du nouveau dépôt des trams et des bus des Transports publics genevois (TPG). En cause, un soupçon de sous-enchère salariale qui fait l'objet de plusieurs enquêtes.

Travailleurs italiens

«Nous refusons ce modèle d'entreprise sans foi, ni loi qui pratique le dumping salarial», a souligné le PLR Serge Hiltpold, premier signataire de la résolution acceptée vendredi. Il demande de l'exemplarité de la part du maître d'ouvrage, en l'occurrence les TPG.

De nombreux députés ont aussi plaidé pour une révision des critères d'attribution des marchés publics. En effet, l'entreprise qui a décroché le mandat proposait des prix imbattables qui «couvraient à peine les frais de matériaux», soulignent les signataires de la résolution. Plusieurs alertes n'ont pas été entendues.

Les soupçons de sous-enchère salariale ont été révélés par les syndicats. Une succursale vaudoise d'une entreprise italienne avait soumissionné et obtenu ces travaux. Cette société avait ensuite mandaté une autre entreprise pour recruter des travailleurs dans le sud de l'Italie. Une fois embauchés, ces ouvriers devaient ouvrir un compte en Italie pour le versement des salaires. Cette manoeuvre aurait servi à prélever en douce une partie des salaires.

Précaution

Une fois ces soupçons connus, le Conseil d'Etat est immédiatement intervenu, a relevé Serge Dal Busco, chef du département des infrastructures. L'exécutif a demandé aux TPG de consigner les montants incriminés pour que les ouvriers lésés puissent être payés. «Le principe de précaution a été appliqué», selon M. Dal Busco qui partage l'amertume des députés dans cette affaire.

Mais il serait, selon le conseiller d'Etat, très compliqué d'arrêter à ce stade les travaux d'électricité dont les 90% ont déjà été réalisés. Cette interruption aurait des conséquences sur les autres entreprises qui travaillent sur ce chantier. Elles pourraient alors demander des indemnités.

Des retards

Le conseiller d'Etat craint aussi des retards pour ce chantier crucial pour la mise en service en décembre du Léman Express. Selon les TPG, le retard pourrait atteindre 15 à 18 mois.

Le Conseil d'Etat va désormais examiner les conséquences pratiques de la demande des députés. En plus d'une interruption des travaux, les députés exigent que les TPG procèdent à l'adjudication des travaux restants à une nouvelle entreprise.

Le nouveau dépôt qui accueillera des bus et des trams est situé au bout de la piste de l'aéroport à Meyrin. Cet ouvrage est devisé à 347 millions de francs. Une descente de police avait été effectuée fin mai sur ce chantier en lien avec ces soupçons de sous-enchère salariale. (ats/nxp)

Créé: 07.06.2019, 19h56

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