Mardi 22 mai 2018 | Dernière mise à jour 00:40

Polémique La nouvelle guerre des armes en Suisse

Les socialistes, les policiers, les psychiatres et les femmes protestantes dégainent en premier dans le débat sur les armes en Suisse.

56,3%des Suisses ont refusé, en 2011, l’initiative sur le registre fédéral des armes. Il n’existe donc pas de statistiques fiables sur le nombre réel d’armes en circulation.

56,3%des Suisses ont refusé, en 2011, l’initiative sur le registre fédéral des armes. Il n’existe donc pas de statistiques fiables sur le nombre réel d’armes en circulation. Image: Gaetan Bally/Keystone

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Sujet ultrasensible, la question de la possession des armes à feu va agiter ces prochaines semaines le monde politique. La directive européenne sur les armes à feu, que la Suisse doit adopter en vertu des Accords de Schengen, sera discutée en Commission de politique de sécurité le 9 avril prochain à Berne.

Mais le 5 avril déjà, une plateforme réunissant le Parti socialiste, la Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP), la Fédération suisse des médecins psychiatres et psychothérapeutes et les Femmes protestantes suisses (FPS), lancera le débat avec une conférence de presse qui précisera leur objectif commun: «Une législation stricte sur les armes, pour une Suisse plus sûre».

Plateforme hétéroclite

La confrontation est déjà annoncée avec les tenants d’une législation plus libérale dans le sens de la tradition helvétique. Le conseiller national Pierre-Alain Fridez (PS/JU) en est conscient. «Mais nous avons aussi une tradition de débat de longue date sur les armes en Suisse, rappelle-t-il. La dernière fois, ce fut lors de la votation sur le registre national, il y a sept ans. Aujourd’hui, l’opinion est favorable à plus de clarté dans ce domaine. Les policiers veulent savoir, lorsqu’ils vont voir les gens, s’ils sont armés ou non. Les armes jouent un rôle dans les violences domestiques ou elles favorisent le passage à l’acte dans les cas de suicide. Pour ces différentes raisons, nous avons réuni cette plateforme apparemment hétéroclite.»

En 2011, le peuple suisse avait refusé l’initiative sur le registre fédéral des armes par 56,3% des voix. Cette votation faisait suite au drame du Parlement de Zoug ou au meurtre de la skieuse Corinne Rey-Bellet en Valais. Malgré l’émotion suscitée par ces faits divers, le peuple avait rejeté ce texte qui contraignait l’acquisition et la possession d’armes à feu.

Avec l’adoption par la Suisse de la directive européenne sur les armes à feu, le débat revient au premier plan. Les policiers espèrent que – cette fois – leur souhait sera exaucé. Pour Max Hofmann, secrétaire général de la FSFP, l’intérêt de la profession est légitime: «Dans ce dossier, le registre fédéral est la seule position que nous allons défendre. D’une manière générale, la lutte contre la violence des armes devrait être un dossier d’intérêt pour toute la population, que nous, fonctionnaires de police, sommes appelés à protéger chaque jour.»

Avec cette directive, le Conseil fédéral prévoit une annonce des armes non déclarées dans un délai de trois ans. Mais ce sont les cantons qui devront gérer ces informations. Cependant, toujours selon le Conseil fédéral, «tous les registres cantonaux des armes sont reliés entre eux par une plateforme, ce qui simplifie l’échange d’informations entre les cantons et FedPol (police fédérale)». Et, plus loin, avec les pays des Accords de Schengen. Les Femmes protestantes suisses se sont jointes au mouvement pour la paix des ménages: «La disponibilité des armes dans les ménages suisses porte malheureusement à un taux élevé le nombre de victimes de meurtres dans un contexte de violence domestique, soit dans 46% des cas.»

Lutte contre le terrorisme

Les participants à cette plateforme soutiennent donc, pour des raisons diverses, la directive européenne sur les armes à feu. Le Conseil fédéral rappelle que l’objectif premier est de lutter contre le terrorisme. À la suite des attentats de Paris notamment, l’UE a pris en grippe les armes semi-automatiques avec des chargeurs de grande capacité. Mais la Suisse a négocié pour que les militaires puissent conserver leurs armes de service de ce type, à condition de justifier un exercice régulier dans une société de tir sportif.

Cette directive est combattue par l’UDC. L’association ProTell, présidée ad interim par le conseiller national Jean-Luc Addor (UDC/VS), tiendra son assemblée générale le 14 avril. Pour ProTell, cette nouvelle législation est trop restrictive, contraire à la volonté populaire exprimée en 2011 et au refus en 2015 du Parlement de procéder à un enregistrement systématique des armes. Elle estime enfin que ces mesures sont inefficaces contre le terrorisme et que la loi actuelle suffit. (Le Matin)

Créé: 31.03.2018, 17h03


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