Mardi 11 décembre 2018 | Dernière mise à jour 10:31

Carnet noir Otto Stich, un ministre des Finances tenace et économe

Les hommages pleuvaient jeudi à l'annonce de la mort d'Otto Stich. L'ancien conseiller fédéral est décédé à 85 ans dans sa commune de Dornach (SO), au home Wollmatt, après une brève maladie, a indiqué le gouvernement.

«Une personnalité marquante»

Le Conseil fédéral fait part de sa douleur à l'annonce du décès dOtto Stich. Ce dernier restera dans les mémoires comme «une personnalité marquante et attachante», souligne le gouvernement jeudi.

Otto Stich est mort la nuit dernière à l'âge de 85 ans dans sa commune de Dornach (SO), au home Wollmatt, après une brève maladie, précise le communiqué. Le Soleurois a baigné dans la politique dès son plus jeune âge. Il avait été particulièrement marqué par l'essor du fascisme et la Deuxième guerre mondiale, ajoute le Conseil fédéral.

Otto Stich a su rallier très rapidement «tant ses amis que les esprits critiques à son style de conduite», relève le Conseil fédéral. Et de saluer tant sa ténacité à défendre ses idées que sa simplicité, «toujours reconnue et appréciée». (ats)

Le Parti socialiste en deuil

Otto Stich aura été un des conseillers fédéraux «les plus crédibles de l'histoire et aussi l'un des plus proches de la population», a déclaré le président du Parti socialiste (PS) Christian Levrat. Il a réagi jeudi à l'annonce du décès de l'ancien conseiller fédéral socialiste.

Il a été «le ministre des finances le plus circonspect que j'ai jamais connu», a ajouté M. Levrat, cité dans un communique du PS. Durant toute sa vie, Otto Stich s'est clairement engagé pour les objectifs politiques socialistes et en faveur d'une Suisse plus juste.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Otto Stich, à la tête des finances de 1984 à 1995, «appartient aux meilleurs conseillers fédéraux que les socialistes ont eu», a rendu hommage Andreas Gross, conseiller national socialiste zurichois. Rappelant cependant qu'»il n'a pas été élu par les socialistes, mais contre eux.»

En 1983, la droite le préfère à la candidate officielle du parti socialiste, Lilian Uchtenhagen, pour siéger au Conseil fédéral. Otto Stich a vécu des débuts difficiles au gouvernement, se souvient Adolf Ogi. «Au départ, les relations étaient tendues entre le parti socialiste et lui.» Les choses se sont ensuite arrangées.

Les partis bourgeois, qui pensaient avoir élu un ministre malléable, ont quant à eux rapidement dû déchanter. Le chef des finances était plus solide et tenace qu'ils n'avaient cru.

Tenace et circonspect

Le politicien soleurois a su rallier très rapidement «tant ses amis que les esprits critiques à son style de conduite», relève le Conseil fédéral. Et de saluer tant sa ténacité à défendre ses idées que sa simplicité, «toujours reconnue et appréciée».

Christian Levrat, président du PS, relève ainsi qu'Otto Stich aura été un des conseillers fédéraux «les plus crédibles de l'histoire et aussi l'un des plus proches de la population».

Il a également été «le ministre des finances le plus circonspect que j'aie jamais connu», a ajouté Christian Levrat, cité dans un communiqué du PS. Durant toute sa vie, Otto Stich s'est clairement engagé pour les objectifs politiques socialistes et en faveur d'une Suisse plus juste.

Parcimonieux

Peter Bodenmann met également en avant le côté parcimonieux d'Otto Stich: il était «le parfait Suisse économe, à qui chacun aurait laissé son carnet d'épargne». Un avis que partage également l'ancien conseiller fédéral Adolf Ogi. Bon ministre des finances, «Otto Stich a parfois rendu la vie dure aux autres membres du Conseil fédéral», raconte-t-il.

Otto Stich et Adolf Ogi s'étaient opposés sur le dossier du tunnel de base du Lötschberg dans le cadre de la nouvelle ligne ferroviaire à travers les Alpes (NLFA). «Il devait économiser. Je devait construire et j'avais reçu un mandat du peuple, du Parlement et du Conseil fédéral». L'ancien ministre des finances a cependant contribué au bon financement des NLFA.

L'opposition entre les deux hommes n'avait cependant pas été aussi grave qu'on l'avait dit à l'époque, critique l'ancien conseiller fédéral UDC. «Nous avons toujours pu discuter ensemble», notamment du sport, qu'ils pratiquaient tous deux assidûment.

Discret, l'ancien ministre des finances préférait son bureau aux réceptions. Une qualité que salue Peter Gomm (PS), président du Conseil d'Etat soleurois. L'ancien conseiller fédéral a «toujours mis l'intérêt général avant son ambition personnelle».

Engagement précoce

Le Soleurois est tombé petit déjà dans la marmite de la politique. Il avait été particulièrement marqué par l'essor du fascisme et la Deuxième guerre mondiale.

Elu en 1963 au Conseil national, Otto Stich s'est immédiatement illustré dans les questions relatives à l'économie et aux finances, rappelle le PS. Le 7 décembre 1983, Otto Stich a été élu au Conseil fédéral en remplacement de Willy Ritschard qui venait de décéder, peu après l'annonce de son retrait du gouvernement.

Le Soleurois a occupé la présidence de la Confédération en 1988 et 1994 avant de se retirer du Conseil fédéral en 1995. Depuis, il a toujours suivi la politique fédérale avec énormément d'intérêt.

Un éloge funèbre sera rendu à Otto Stich lundi aux Chambres fédérales.

(ats/nxp)

Créé: 13.09.2012, 14h54

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.